Des journaux belges à nouveau piratés

Au lendemain de la cyberattaque contre les sites du Soir et de Sudpresse, les quotidiens francophones La Libre Belgique et La Dernière Heure ont été à leur tour vu leur site internet respectif piraté. Le groupe IPM, auquel appartiennent ces journaux, a déposé plainte contre X. Entretemps, la section belge du collectif Anonymous pense avoir identifié l’auteur de l’attaque contre le groupe Rossel. Il s’agirait d’un adolescent utilisant des moyens à la portée de tous.

Le groupe IPM a déposé plainte à son tour auprès de la Federal Computer Crime Unit (FCCU), à la suite de la cyberattaque qui a touché ses sites lalibre.be et DH.be lundi soir. C’est ce qu’a indiqué ce mardi Ralph Vankrinkelveldt, rédacteur en chef de La Dernière Heure. Les systèmes de sécurité seront renforcés.

Le groupe Rossel - également victime d'une nouvelle cyberattaque lundi (après celle de dimanche soir sur les sites du Soir et de Sudpresse), cette fois principalement du site du journal Le Soir - avait déjà porté plainte contre X. Celle-ci "englobera l'ensemble" des perturbations, souligne Didier Hamann, directeur général du Soir.

"Nous allons suivre le même procédé que Le Soir et porter plainte", a confirmé Ralph Vankrinkelveldt. A l'instar du groupe Rossel, IPM renforcera dès mardi "tous les systèmes de sécurité" pour protéger l'ensemble de ses sites et réalisera "un contrôle permanent afin d'éviter que cela se reproduise".

Dider Hamann a tenu à préciser "qu'aucune intrusion dans les systèmes informatiques" n'a eu lieu. Le site internet du Soir "est bombardé de requêtes, environ un demi-million par seconde (...) ce qui immobilise le site et les activités, mais aucune intrusion n'a été réalisée, et aucune donnée capturée". Les attaques de lundi soir ont été revendiquées par plusieurs groupes sur Twitter, "mais il est difficile de distinguer le vrai du faux", conclut le directeur général.

Un adolescent responsable ?

La section belge du collectif Anonymous affirme cependant, dans une vidéo publiée mardi sur son compte Youtube, avoir identifié l'auteur des cyberattaques perpétrées dimanche et lundi à l'encontre des groupes de média Rossel et IPM et ayant entrainé l'indisponibilité de leurs sites internet. D’après le collectif d’activistes, cette personne "n'est juste qu'un adolescent un peu accro aux jeux" qui aurait utilisé des méthodes "accessibles à monsieur Tout-le-monde".

Lundi, Anonymous avait déjà publié une vidéo annonçant une "opération Fallaga" pour "réagir massivement" aux "attaques perpétrées contre les média européens par la Fallaga Team". "Nous ne laisserons pas la liberté d'expression bafouée par des extrémistes radicaux", peut-on y entendre.

Ce mardi, il affirmait dans une nouvelle vidéo avoir identifié le profil Facebook privé de la personne responsable des cyberattaques et l'avoir transmis à la Computer Crime Unit de la police fédérale. L'homme aurait revendiqué l'attaque sur Twitter. Il a été, selon le collectif, membre de la "Muslim Section qui est proche des hackers de l'Etat islamique". Il vit en Belgique.

L'auteur "ne s'attendait pas à un tel impact médiatique", car il s'attaque en effet "d'habitude à des sites d'écoles ou des sites mal protégés". Selon Anonymous Belgique, "ses méthodes ne sont pas celles d'un hacker". L'homme "paie un outil tout fait que l'on peut trouver sur le web".

Pour Didier Hamann, directeur général du Soir, aucun lien n'a été établi avec l'attaque subie par TV5Monde la semaine dernière. Aucune intrusion n'a eu "lieu dans nos systèmes", a-t-il précisé.