La vente de vinyles a triplé en Belgique

L’an dernier, les Belges ont acheté 150.000 disques vinyles, pour un montant total de 3,19 millions d’euros. C’est trois fois plus qu’en 2010, avec 46.971 vinyles vendus, indique la Belgian Entertainment Association (BEA). Le chiffre d’affaires de l’industrie musicale belge a d’ailleurs baissé de près de 20% en 2014.

Le marché du 33 tours reste cependant limité dans notre pays, comparé à celui de la Grande-Bretagne, où les ventes de vinyles ne cessent de grimper ces dernières années. La chanson française rencontre toujours un franc succès: ainsi 8 des 10 meilleures ventes d'albums sont en français, selon le classement annuel de l'Ultratop.

"Aujourd'hui, les grandes chaînes de magasins proposent à nouveau le format vinyle, ce qui était impensable il y a encore quelques années lorsque les 33 tours ne se vendaient que dans les magasins spécialisés", explique le directeur général de la BEA, Olivier Maeterlinck.

Entre 2010 et 2014, le chiffre d'affaires généré par la vente de ces disques a plus que quadruplé, passant de 773.525 euros à 3,19 millions d'euros. "Le prix moyen des vinyles a augmenté au fil des ans parce que l'offre s'est considérablement élargie. Les artistes sortent à nouveau leurs albums au format vinyle et proposent différentes versions", précise Maeterlinck.

L'an dernier, l'album vinyle "Racine Carrée" de Stromae a été le plus vendu, avec quelque 1.000 exemplaires écoulés. "Mais cela reste limité si l'on compare ces chiffres à ceux des ventes au format CD ou en ligne, qui ont dépassé les 100.000 exemplaires", tempère Olivier Maeterlinck.

En Grande-Bretagne, l'Official Charts Company a annoncé le lancement de deux classements hebdomadaires des ventes de vinyles, qui atteignent des sommets ces dernières années. Un concept qui n'est toutefois pas à l'ordre dans notre pays, d'après Sam Jaspers de l'Ultratop, qui gère et publie les hit-parades officiels en Belgique. "Les marchés wallon et flamand sont trop distincts. Il faudrait alors deux classements, mais les marchés respectifs sont tellement limités que ce ne serait pas possible", conclut-il.

Par ailleurs, la chanson française est indétrônable au classement de l'Ultrapop. Parmi les 200 meilleures ventes, 42% des albums sont interprétés en français, selon les chiffres de BEA Music. 22 albums de ce classement sont d'artistes belges. C'est un de moins qu'en 2013. Parmi les albums des artistes locaux, 12 sont interprétés en français, conclut la BEA.

Secteur musical belge patraque

Le marché du disque vinyle semble néanmoins être une exception au sein de l’industrie musicale belge, à l’heure actuelle. Le chiffre d’affaires de cette dernière a en effet diminué de 19% l’an dernier, pour atteindre un total de 105 millions d’euros.

La baisse de 27% des ventes de CDs s’explique, d’après la BEA, par une diminution du nombre de points de vente à la suite de la faillite et de la fermeture de la chaîne Free Record Shop et du distributeur Multi Media Services.

La vente de CDs reste néanmoins la plus importante source de revenus du secteur. Le streaming de musique semble croître moins rapidement en Belgique que dans d’autres pays européens, où la diffusion en flux est parfois proposée en même temps qu’un abonnement à l’internet.