Suicide de Steve Stevaert: le doyen de la Faculté de Psychologie de la VUB démissionne

Le professeur Willem Elias a décidé de démissionner de son poste de doyen de la Faculté de Psychologie et Sciences de l’Education de l’Université flamande de Bruxelles (VUB). Début avril, après le suicide de son ami et ex-président des socialistes flamands, Steve Stevaert, Willem Elias avait suscité la colère de nombreux internautes en publiant un message sur Facebook mettant en cause la jeune femme qui avait accusé l’ancien homme politique de l’avoir violée.

"Tu vas nous manquer, Steve. Tu étais un homme bon et particulièrement intelligent. Les femmes… une faiblesse que nous comprenons. A la dame qui a cette décision sur la conscience, j’aimerais dire ceci : en cas de viol, on se rend directement à la police, ou, si nécessaire le jour suivant. Pas trois ans après". Tels étaient les propos tenus sur Facebook (voir ci-dessous) par le professeur de psychologie après la mort de Steve Stevaert, retrouvé le 2 avril dernier dans le canal Albert, à Hasselt.

Cette publication sur le réseau social n’était pas passée inaperçue. Un déferlement de réactions avait suivi, dénonçant notamment un manque de respect envers les victimes de viol. La VUB avait alors pris ses distances avec les déclarations du doyen, et lui avait officiellement donné un blâme.

Le principal intéressé avait finalement présenté ses excuses, affirmant qu’il ne cherchait qu’à dire au revoir à son ami.

"Depuis le 2 avril, je suis un mal famé virtuel"

Ce vendredi, le professeur Elias a décidé de mettre un terme à sa carrière de doyen, estimant "ne plus avoir l’irréprochabilité" nécessaire pour tenir cette fonction. "Les violentes réactions sur les réseaux sociaux, qui l’ont touché émotionnellement, ont également pesé dans sa décision", peut-on lire dans un communiqué de l’université.

"Willem Elias déplore ses déclarations sur Facebook, et s’excuse une fois de plus auprès de toutes les victimes de violence sexuelle, ainsi qu’auprès de la communauté universitaire, et des étudiants en particulier. La dernière chose qu’il voulait faire était de banaliser le viol", indique encore le communiqué.

Suite à sa démission, le professeur a lui-même rédigé une lettre à ses étudiants. "Depuis le 2 avril, je suis un mal famé virtuel", indique-t-il, admettant avoir rédigé "une bête publication Facebook dans un moment d’émotion". "La manière dont j’ai été vilipendé sur les médias sociaux est un beau sujet d’étude. Pour les psychologues, afin de voir comment quelqu’un se sent lorsqu’on lui reproche tous les maux du monde, mais surtout pour les experts en communication. Ça deviendra certainement un exemple type de la manière dont un mauvais usage des réseaux sociaux peut tourner", conclut-il.