"Nous laissons l'Italie et Malte faire le sale boulot"

"La mer Méditerranée est en train de se transformer en fosse commune et nous détournons trop le regard", a déclaré ce dimanche le député européen Ivo Belet (CD&V) sur le plateau de l’émission dominicale De Zevende Dag (VRT). Il réagissait au naufrage d’un chalutier chargé de migrants au large de la Libye qui a coûté la vie à quelque 700 personnes. Il y a une semaine, 450 personnes avaient également péri en mer.

"Nous laissons l’Italie et Malte faire le sale boulot. Nous échouons et en faisons trop peu", a admis l’europarlementaire démocrate-chrétien.

L’année dernière, l’agence européenne Frontex, chargée de surveiller les frontières extérieures, avaient pris la relève des autorités italiennes en patrouillant dans le sud de la mer Méditerrané. Aujourd’hui, elle ne dépense plus qu’un tiers de son budget aux opérations menées dans cette zone.

Ivo Belet (photo) admet que cette situation est mauvaise. Il a dans la foulée annoncé une initiative du Parti Populaire Européen (PPE) dont le CD&V fait partie. "Nous devons agir maintenant, nous devons intensifier nos efforts maintenant. Nous nous réunirons ce jeudi à Milan", a-t-il indiqué. "Le PPE est la plus grande fraction au sein du Parlement européen, et peut donc s’exprimer légitimement".

"Nous devons à présent aider l’Italie et Malte et soutenir financièrement les actions de recherche. Parallèlement, nous devons également prendre des mesures concernant les côtes de l’Afrique du Nord", a encore déclaré l’eurodéputé. Ivo Belet évoque notamment une sorte de bureau d’asile en Afrique du Nord. Celui-ci devra étudier les demandes d’asile avant que les réfugiés ne soient tentés de rejoindre illégalement l’Europe par bateau.

Egalement présente sur le plateau de la VRT, la député européenne Helga Stevens (N-VA) estime également que l’Europe doit faire plus d’effort, mais nuance toutefois : "Nous devons trouver un bon équilibre entre sauver des personnes et attirer encore plus de réfugiés", a-t-elle indiqué. A ses yeux, des pays riches tels que le Qatar ou les Emirats arabes unis doivent également en faire davantage pour les réfugiés en provenance notamment de Syrie.