La grève du zèle de la police affecte Zaventem

Dans le cadre de la "Semaine sans amende" qui débutait ce lundi à 6h et durera jusqu’à vendredi - avec laquelle la police fédérale veut faire pression sur le gouvernement fédéral pour une solution en matière de pensions -, les policiers chargés du contrôle des passeports effectuent leur travail "à la lettre" à Brussels Airport, ce qui rallonge nettement le temps d’attente de nombreux passagers se rendant vers ou arrivant de destinations situées hors de l’espace Schengen. En tout début d'après-midi, le syndicat SNPS a suspendu son action, alors que le SLFP Police la poursuivait. Une réunion est prévue mardi avec le ministre de l'Intérieur.

Pour protester contre l’annulation par la Cour constitutionnelle des conditions de départ à la retraite avantageuses dont bénéficiaient les policiers, les syndicats de police organisent depuis ce lundi et jusqu’à vendredi une semaine de protestation. Avec une grève du zèle au contrôle des passeports à l’aéroport international de Zaventem, mais aussi une "grève de l’amende", pour mettre le gouvernement fédéral sous pression et réclamer des mesures notamment dans le domaine des pensions.

Concrètement, cela veut dire que les infractions mineures ne seront pas sanctionnées d’un procès-verbal cette semaine. Pour les infractions légères ou les incivilités, les agents vont donc prendre le temps d’expliquer posément le comportement infractionnel, mais sans le verbaliser. Les infractions graves feront par contre toujours l’objet d’un PV cette semaine.

Les policiers appliqueront par contre les consignes à la lettre en matière de contrôle des transporteurs routiers, surtout à l’entrée des zonings. Les syndicats ont aussi appelé les policiers à boycotter la journée de contrôles de vitesse qui est prévue pour 24 heures, entre jeudi à 10h et vendredi matin.

"Arriver bien avant le départ du vol"

A l’aéroport international de Zaventem, les policiers chargés du contrôle des passeports font eux aussi une grève du zèle, c’est-à-dire qu’ils effectuent les contrôles de façon très approfondie, à la lettre de leur règlement de travail. Ils veulent ainsi mettre le gouvernement fédéral sous pression en matière de pensions, mais aussi attirer l’attention sur le manque de personnel dans leur secteur.

Ce lundi matin, le temps d’attente aux contrôle des passeports dépassait déjà une heure à Zaventem. Les autorités aéroportuaires distribuaient des bouteilles d’eau aux passagers qui patientaient et ont retardé certains vols pour permettre aux voyageurs d’embarquer malgré les retards.

Brussels Airport recommandait donc aux passagers d'arriver tôt à l'aéroport. "Pour les passagers hors-Schengen (comme la Grande-Bretagne, les USA ou la Turquie), il est préférable d'arriver au moins trois heures avant le départ du vol", indiquait dimanche Anke Franssen, porte-parole de l'aéroport.

Lundi midi, l'attente se réduisait aux arrivées, avec moins d'une demi-heure d'attente. Aux départs, par contre, l'attente pouvait dépasser une heure, ce qui a provoqué l'énervement de certains voyageurs. En tout début d'après-midi, les policiers affiliés au Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) ont suspendu leur action, après qu'une réunion ait été annoncée pour mardi à 17h avec le cabinet du ministre de l'Intérieur.

Les policiers affiliés au Syndicat libre de la fonction publique (SLFP) ont par contre annoncé qu'ils maintenaient leur action de protestation.

Actuellement, les contrôles de documents sont effectués par 385 policiers à Brussels Airport, mais il en faudrait idéalement 436, selon le Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), afin que la police mène toutes ses missions à bien. "Nous souhaitons remonter au seuil minimal de 400 policiers et cela de manière structurelle", expliquait Jérôme Aoust du SNPS.