Le gouvernement belge préoccupé par la situation au Burundi

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) et son collègue de la Coopération au Développement Alexander De Croo (Open VLD) suivent avec préoccupation la situation au Burundi. Samedi, la Belgique a été parmi les premiers pays à appeler à respecter la sphère publique et les droits de l'homme dans ce pays en proie à des manifestations de l'opposition depuis l'annonce d'un éventuel troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La Belgique condamne toute forme de violence et d'intimidation commise envers les citoyens, l'opposition politique ou les défenseurs des droits de l'homme. La responsabilité individuelle de ceux qui commettent des actes violents ou des violations graves des droits de l'homme sera engagée.

Notre pays suit en particulier l'action menée par la Police Nationale Burundaise. Notre pays a investi, avec les Pays-Bas, dans un projet de professionnalisation de la police burundaise. Le rôle de la police est de protéger la population et de garantir un déroulement pacifique des manifestations.

Au cours des dernières années, la Belgique a financé plusieurs projets visant à soutenir une presse libre et professionnelle au Burundi. La liberté d'expression et la liberté de la presse sont essentielles lors du suivi du processus électoral. Les ministres expriment leur inquiétude quant aux mesures restrictives qui ont été prises à l'encontre de quelques radios indépendantes ainsi qu'à l'utilisation des médias sociaux via le trafic mobile de données. Ils demandent à ce que ces mesures soient levées dès que possible.

Pour le Burundi, ces élections sont d'une importance capitale. La Belgique donne tout son soutien afin qu'elles puissent se dérouler le plus pacifiquement et inclusivement possible. La Belgique apporte une contribution financière importante au bureau des droits de l'homme de l'ONU où des experts en matière de droits de l'homme suivent la situation de près. Ils rapportent au Conseil des droits de l'homme ainsi qu'au Conseil de sécurité des Nations Unies. Lors d'irrégularités éventuelles, leurs témoignages et rapports sont une source importante d'information. A travers la Coopération au développement, la Belgique finance également deux ONG burundaises qui ont acquis de l'expérience dans le suivi du processus électoral. Grâce au soutien belge, 8.000 observateurs peuvent observer le processus électoral à travers tout le pays.

Les ministres Didier Reynders et Alexander De Croo appellent à une compréhension commune des questions qui divisent la classe politique, les partis d'opposition et la société civile, dans un esprit de réconciliation, de protection de l'intérêt national et guidés par l'Accord d'Arusha. Tous les partis, acteurs et instances politiques doivent exclure la violence. Seules des élections pacifiques, inclusives et transparentes, organisées dans un esprit de tolérance et de respect des institutions, peuvent ramener le Burundi sur la voie suivie depuis la signature de l'Accord d'Arusha et durant laquelle tant de progrès a été accompli.