La violence conjugale plus prioritaire pour la police

Dans le nouveau plan national de sécurité de la police, la violence conjugale ne sera plus considérée comme une priorité, indique le quotidien De Standaard. "Chacun sait maintenant comment il doit travailler", explique Jean-Marie Brabant, président de la Commission permanente de la police locale. Ce qui ne veut pas dire que le problème ne sera pas traité avec toute l’attention nécessaire par la police, précise aussi la commissaire-générale Catherine Bolle.

Depuis 2008, la violence conjugale et intrafamiliale faisait partie de 10 priorités du plan national de sécurité. Un plan qui définit pour quatre ans les priorités de la police locale. Mais le nouveau plan national n’inclut plus ce type de violence parmi les priorités.

"Nous avons considéré ce phénomène pendant des années comme une priorité, de telle sorte que nous savons maintenant exactement comment travailler. Les inspecteurs ont reçu les formations nécessaires, et ils savent comment se montrer empathiques, et vers quelles institutions diriger les personnes qui sont confrontées à de la violence conjugale", explique Jean-Marie Brabant, président de la Commission permanente de la police locale.

"La manière d’aborder le problème est au point au sein de la police", confirme le commissaire-générale Catherine Bolle (photo). "Il se peut qu’il faille encore ici et là des ajustements dans la manière de travailler. Quand un problème est considéré comme priorité, cela entraîne une charge administrative importante, alors que dans ce cas le système fonctionne et doit être conservé".

"Chaque zone de police a concentré ces dernières années une partie de son travail sur la violence conjugale et intrafamiliale. De nombreux efforts ont été déployés, mais nous constatons que nous sommes parfois impuissants face au phénomène. La prévention a ses limites. Elle se confronte à des problèmes d’éducation et de manque de respect dans une relation. La police ne peut parfois que constater les délits. Les mesures en vigueur ont cependant mené à une attention permanente autour de la problématique."

Une bonne approche du problème ?

En 2013, plus de 40.000 plaintes ont été déposées pour violence conjugale ou intrafamiliale. "Le problème reste sérieux", admet Jean-Marie Brabant, "Mais les gens savent qu’il va être combattu correctement. C’est selon moi la raison pour laquelle davantage de victimes portent plainte auprès de la police".

Helen Blow du Centre de soutien pour le bien-être général n’est pas d’accord avec les déclarations de la Commission permanente de la police locale. "Si effectivement toutes les victimes de violences conjugales qui se rendent à la police étaient accueillies de façon correcte, alors ce serait une procédure standard et il ne faudrait plus qu’elle bénéficie d’une priorité".

"Mais dans la pratique, nous constatons que les victimes sont accueillies de façons très différentes par la police. Parfois, c’est très bien fait, parfois pas du tout. Le problème doit encore faire l’objet de beaucoup d’attention, aussi dans le domaine de l’aide. Il faut que la police et les parquets montrent que la violence conjugale n’est pas tolérée par notre société. "Ce n’est pas permis, et ce type de violence sera sanctionné".