"La décision de partir au Népal a été prise trop tard"

A leur retour en Belgique, mardi soir via Eindhoven aux Pays-Bas, des membres de la mission B-Fast au Népal sinistré ont estimé que la décision de partir avait été prise trop tard après le séisme, ce qui n’a plus permis aux secouristes de faire pleinement leur travail, notamment pour la recherche de survivants. L’équipe d’une quarantaine de personnes est partie dimanche 26 avril au soir, soit plus de 36 heures après le tremblement de terre. "Nous aurions pu faire davantage sur place, si nous avions été plus rapides", estimait l’urgentiste Tom Staes au micro de la VRT.

Partie de l’aéroport militaire de Melsbroek dimanche 26 avril au soir, soit au lendemain du tremblement de terre au Népal, l’équipe B-Fast d’intervention rapide composée d’une quarantaine de personnes n’est pas parvenue à atterrir tout de suite à l’aéroport de Katmandou, ce dernier étant débordé d’avions humanitaires arrivant du monde entier.

L’Airbus de la force aérienne belge a donc été dévié vers l’aéroport de Delhi, en Inde, où il a dû attendre 2 jours avant de pouvoir enfin atterrir à Katmandou. Entretemps, du temps précieux pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres avait été perdu. Envoyés ensuite dans la ville de Gorkha, proche de l’épicentre du séisme, les sauveteurs belges se sont rendus compte que les dégâts n’y étaient pas très importants, mais qu’ils étaient par contre immenses dans des villages coincés dans les montagnes, qui ne pouvaient être atteints que par hélicoptères. Or, la mission belge ne disposait pas d’hélicoptère.

Dimanche dernier, les autorités belges décidaient finalement de rappeler la mission B-Fast en Belgique, lui laissant un peu de temps pour effectuer du travail humanitaire avec des ONG présentes sur place. Lundi, l’équipe de sauveteurs rentrait en Belgique (à nouveau quelques heures plus tard que prévu), avec un avion-cargo néerlandais via Chypre et l’aéroport d’Eindhoven (photo). Les membres de B-Fast arrivaient en Belgique en soirée.

Polémique sur la mission

Des critiques se sont élevées, jusqu’au Parlement fédéral, à l’encontre de la mission mitigée. Certains critiquent le fait que B-Fast n’ait pas emmené un hôpital de campagne au Népal - chose qui aurait été conseillée par les experts.

D’après l’urgentiste Tom Staes (photo), qui faisait partie de la mission, "on a donné trop tard le feu vert au départ de la mission. Pour le gouvernement népalais, l’opération de recherche de survivants et de sauvetage était terminée quand nous sommes arrivés sur place. Il préférait laisser entrer des équipes médicales avec du matériel de secours. Et puis, beaucoup de secouristes faisaient la file pour obtenir la permission d’atterrir sur le petit aéroport de Katmandou".

L’équipe belge a néanmoins pu se rendre utile sur le terrain. "Nous nous sommes adaptés à la situation. Nous sommes allés chercher des médicaments et nous avons loué un camion. Ce sont des choses que nous n’emmenons pas pour une opération "search and rescue". Nous nous sommes aussi rendus dans deux villages où personne n’était encore allé, pour faire le bilan de l’aide dont avaient besoin les habitants", expliquait Tom Staes.

"Nous rentrons avec un sentiment double. D’une part nous sommes déçus. Si nous étions arrivés plus rapidement, nous aurions pu faire davantage. D’autre part, nous avons tout de même pu nous rendre utiles, ce qui nous permet de rentrer à la maison avec un sentiment acceptable".

Le médecin urgentiste belge Luc Beaucourt a déclaré mardi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT ne pas comprendre pourquoi la mission B-Fast est dirigée par un fonctionnaire du ministère de la Santé publique. "Je plaide pour que B-Fast soit placé entre les mains de l’armée", concluait Beaucourt.