Début du procès d'une filière de recrutement de djihadistes

Le procès terrorisme, dit "de la filière syrienne", a débuté jeudi matin devant la 49e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Pas moins de trente-deux personnes sont prévenues dans ce dossier qui concerne l'envoi de candidats au djihad armé en Syrie et l'entraînement militaire de ceux-ci. La moitié d'entre elles seront toutefois jugées par contumace, soit parce qu'elles se trouvent toujours en Syrie, soit par ce qu'elles y ont trouvé la mort.

Le procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel quatre mois après les attentats de Paris, et le démantèlement quelques jours plus tard à Verviers, dans l'est de la Belgique, d'une cellule qui projetait une attaque imminente contre des cibles policières dans le pays.

L'un des principaux absents du procès est d'ailleurs celui qui est considéré comme le "cerveau" de cette cellule, Abdelhamid Abaaoud (photo). L'homme avait échappé au coup de filet, au cours duquel deux de ses présumés complices ont été tués lors d'un échange de coups de feu avec la police. En février, ce Belge d'origine marocaine de 27 ans, un temps repéré en Grèce, a revendiqué la préparation d'attentats en Belgique, et affirmé avoir rejoint les rangs du groupe Etat islamique en Syrie.

A Bruxelles, il n'est toutefois pas jugé pour le dossier de Verviers mais pour avoir été l'un des maillons d'un vaste réseau de recrutement de combattants, dans le cadre d'enquêtes ouvertes en 2012 et 2013 qui avaient débouché sur 55 perquisitions et l'interpellation de 74 personnes.

Abaaoud est également accusé "d'enlèvement de mineur", à savoir son propre frère Younès, qui avait rejoint la Syrie en janvier 2014 à l'âge de 13 ans, et qui a été surnommé "le plus jeune djihadiste du monde" par certains médias. Leur père, Omar Abaaoud, sans nouvelle de ses deux fils, s'est porté partie civile contre son aîné.

Un autre prévenu soupçonné d’agir depuis la prison

Le second prévenu clé, qui comparaît détenu, est un Molenbeekois de 41 ans, Khalid Zerkani. Les enquêteurs estiment qu'il a été l'un des principaux recruteurs des combattants. Il faisait de la propagande dans des clubs sportifs et fixait des rendez-vous dans des "mosquées des caves", des lieux de prière improvisés.

Zerkani est soupçonné de s'être particulièrement adressé à de jeunes Belges musulmans, pour les convaincre de partir faire le djihad. En prison, celui-ci a encore tenté de recruter des candidats au djihad, raison pour laquelle il a été placé en isolement. Mais l'intéressé nie toute implication dans les départs de jeunes Bruxellois vers la Syrie ces dernières années.

Les autres prévenus sont principalement considérés comme des recruteurs ou des combattants. Des femmes sont accusées d'être parties se marier avec un djihadiste en Syrie ou d'y avoir envoyé de l'argent.

Le verdict n'est pas attendu avant la fin mai.