Canettes et bouteilles consignées, une mauvaise idée?

L’association privée Fost Plus, qui récolte les déchets d’emballages ménagers, qualifie de "mauvaise bonne idée" l’introduction éventuelle d’un système de consigne pour les bouteilles en plastique et canettes en aluminium. Pour lutter contre le phénomène de déchets sauvages, elle préfère une sensibilisation des consommateurs, une infrastructure adaptée et éventuellement de la répression. C’est ce qu’ont indiqué son président Pierre van Henterijk et son administrateur délégué Wiliam Vermeir, lors d’une conférence de presse.
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L’association Fost Plus estime qu'il serait trop couteux d'introduire un système de consigne pour les bouteilles en plastique et les canettes dans le but d’inciter les consommateurs à les recycler. La collecte et le recyclage de ces déchets pourraient être trois fois plus chers que le système actuel via les sacs bleus ou les poubelles de tri sélectif dans les espaces publics. Fost Plus a calculé que le traitement des matériaux consignés pourrait grimper à 230 millions d'euros par an, notamment à cause de l'installation de nouvelles machines.

Des bouteilles ou canettes consignées seraient aussi contraignantes pour les consommateurs qui devraient alors stocker ces déchets en vue de les ramener à un point de collecte, note l'association. Fost Plus doute en outre qu'un système de consigne soit en mesure de résoudre le problème des déchets sauvages, car bouteilles en plastique ou cannettes ne représentent que 10% de ces résidus.

Introduire un système de consigne reviendrait à "prendre un canon pour tuer une mouche", avertit le président de Fost Plus, Pierre van Hentenrijk. "Dans les pays avec consigne, il reste encore des déchets sauvages. Il faut s'y prendre d'une autre manière." Il recommande plutôt d'"éduquer les concitoyens. Ceux-ci doivent apprendre à ne pas jeter et prendre conscience que jeter un papier ou une bouteille est une faute".

A côté de la sensibilisation, Pierre van Hentenrijk évoque même la possibilité d'appliquer des amendes. Fost Plus compte présenter dans les prochaines semaines des recommandations à cet égard aux autorités régionales, alors que Régions wallonne et flamande s'intéressent de plus près au système de consigne. Contrôle et répression, sensibilisation, infrastructure, participation doivent être les piliers d'une approche approfondie pour obtenir un changement de comportement durable, estime l'association.

La Belgique bonne élève du recyclage

Tous matériaux confondus, Fost Plus (photo) a recyclé 682.424 tonnes de déchets en 2014, contre 678.478 l'année précédente. Avec un taux de recyclage d'emballages de plus de 80%, la Belgique domine le classement européen.

La collecte de PMC hors domicile, comme via les poubelles sélectives dans les gares par exemple, a doublé sur une année en passant de 2.100 tonnes en 2013 à 4.200 tonnes l'an dernier. Le cadre législatif déjà contraignant pour le tri sélectif dans les espaces publics en Flandre (2013) et à Bruxelles (2014) y a contribué (2016 en Wallonie). "Impliquer tout le monde aussi bien en entreprise que hors entreprise est un long travail, l'important est d'avoir de bonnes instructions", explique van Hentenrijk. Fost Plus souhaiterait donc que la signalétique des poubelles de tri soit harmonisée en Belgique.

L'organisme privé mène une politique de recyclage de proximité, car 99% des emballages collectés en 2014 ont été transformés en matières premières recyclées en Belgique (73%), ou en Europe (22% en Allemagne, France et Pays-Bas).

BELGA/HAND OUT