Trop de Belges sous-estiment leur obésité

Si l’on en croit une étude menée auprès de 2.000 Belges à l’occasion de la Journée européenne de l’obésité (ce samedi 16 mai), un tiers d’entre eux se croit à tort "seulement en surpoids". D’après les experts, la prévention n’est pas assez efficace et le suivi des obèses opérés chirurgicalement n’est pas suffisant, rapporte le quotidien Le Soir.

D'après l'enquête, un Belge sur cinq en surpoids l'ignore et un sur trois est obèse (indice de masse corporelle supérieur à 30) alors qu’il se croit seulement en surpoids (ce qui correspond à un IMC entre 25 et 30).

"C’est évidemment humain, on cherche à minimiser les risques que l’on court pour sa santé", souligne le docteur Jean-Paul Thissen, endocrinologue aux Cliniques Saint-Luc (UCL) à Bruxelles et président de la Société belge de l’étude de l’obésité. Les derniers chiffres en date montrent cependant que la moitié des Belges est en surpoids et que 14% souffrent d’obésité.

La situation est d’autant plus inquiétante que plus d'un quart des Belges interrogés ne réalisent pas que l'obésité est une cause importante de maladies cardiaques, de diabète de type 2 et d'hypertension artérielle. Seule la moitié sait que l’obésité augmente le risque de subir des accidents vasculaires cérébraux et augmente le risque de certains cancers comme celui du sein, de l’intestin et du pancréas.

Pour le médecin Jean-Paul Thissen, "il est clair que la prévention n'est pas assez efficace". Selon lui, "dans le giron des Régions depuis la réforme de l'Etat, rien de structurel n'est vraiment fait pour faire reculer l'obésité. Or, les conséquences pèsent sur la sécurité sociale fédérale".

Le spécialiste estime notamment que davantage devrait être fait pour favoriser l’exercice physique, comme le remboursement de stages de sport, mais aussi pour développer les réseaux de pistes cyclables, par exemple.

Jean-Paul Thissen plaide aussi pour un accompagnement plus long (18 mois au moins après l’opération) de personnes obèses qui ont subi une opération chirurgicale, afin de "limiter les risques de rechutes, d’éviter des complications, d’optimaliser la perte de poids et de prévenir les carences nutritionnelles".