Une taxe kilométrique pour les voitures particulières ?

Dans une interview accordée au quotidien financier De Tijd, le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), plaide en faveur d’un système de péage pour les véhicules particuliers qui permettrait, selon lui, de résoudre les problèmes de congestion du trafic. "Ceux qui roulent moins devront payer moins de taxes".

"Si nous voulons régler le problème de congestion du trafic sur les routes de Flandre, nous devons nous servir de tous les instruments", estime le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts dans une interview accordée ce samedi au quotidien De Tijd. "Ce problème ne sera pas réglé avec davantage de béton. A terme, nous devons contrôler la mobilité".

"Et pour une vraie gestion, il faut intégrer un système de péage. Il n’y a qu’à le faire", estime Weyts (photo). "Nous trouvons tous normal de payer lorsque nous empruntons les autoroutes françaises et suisses. Pourquoi ne pas introduire le même principe en Flandre, alors que nous sommes un pays de transit par excellence ?"

D’après Weyts, les tarifs peuvent être fixés en fonction de l’endroit et de l’heure où l’on roule, par exemple en rendant moins onéreux les déplacements en dehors des heures de pointe. Le principe devant rester que le pollueur doit payer. "La possession d’une voiture ne sollicite pas les routes ni l’économie. Mais bien l’utilisation de ce véhicule, qui entraîne de la pollution et des embouteillages. Celui qui encombre moins les routes devra payer moins de taxes".

Tester avec les camions

Pour le ministre de la Mobilité, la question nécessite une étude approfondie avant une éventuelle introduction du système. D’autant plus que la Wallonie n’est pas en faveur d’une telle taxe et que les autorités bruxelloises ont exprimé des doutes par rapport à une redevance kilométrique.

D’après Ben Weyts, l'instauration de la taxe au kilomètre pour les camions dès avril 2016 représente dès lors une bonne opportunité. Le principe de cette taxe a été approuvé par le gouvernement flamand. Des négociations sont en cours sur les modalités pratiques.

Le ministre régional ne veut pas instaurer des tarifs trop élevés, pour ne pas nuire à la compétitivité de la Flandre. Il plaide en outre pour une dispense de la taxe à des endroits économiquement stratégiques, comme le port anversois.

Une partie des revenus générés par cette taxe doit être réinjectée dans l’économie flamande. Sous forme d’investissements dans l’infrastructure routière ou l’abolition de la vignette pour les camions. Ben Weyts négocie aussi des réductions spécifiques pour certains groupes-cibles du secteur des transports.