Vers une scission linguistique de l’Exécutif des Musulmans de Belgique?

Il existe des tensions communautaires entre francophones et Flamands là où on ne s’y attend pas, en l’occurrence, au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB). D’après les musulmans flamands, l’organisme est trop francophone. Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) examine actuellement le dossier pour voir si une éventuelle scission est possible.

L’enseignement de l’islam à l’école ou la reconnaissance des mosquées font partie des compétences des entités fédérées. En Flandre, c’est donc le gouvernement flamand qui gère ces dossiers. Le représentant officiel des musulmans de Belgique est toutefois l’EMB, une organisation unitaire belge. Et les choses semblent se compliquer ces derniers temps.

Samedi, la toute première conférence islamique de Flandre se tenait à Gand. Présent lors de ce colloque, le ministre de la Justice Koen Geens (photo) a laissé savoir qu’une amélioration de la situation était possible : "En tant que ministre en charge des cultes, je faciliterai le bon fonctionnement de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, si nécessaire, sous la forme d’un collège néerlandophone et francophone, tel que cela a été fait chez les laïcs", a-t-il déclaré.

En d’autres termes, le ministre annonce indirectement que l’EMB pourrait être scindé. "C’est également le cas chez les laïcs. Actuellement je me penche sur le dossier pour savoir si ça ne garantirait pas un meilleur fonctionnement", a précisé Koen Geens au micro de la VRT.

Les membres flamands de l’Exécutif musulman soutiennent cette idée : "Ce n’est certainement pas inspiré du politique. C’est juste lié à l’efficacité", explique le vice-président de l’EMB, Mohammed Achaibi. "Parfois il y a des barrières linguistiques. En Flandre, lorsqu’il faut parler avec les autorités, on le fait en néerlandais. Actuellement nous sommes 6 néerlandophones sur les 17 membres de l’Exécutif. Ces six personnes sont aussi celles qui connaissent le mieux le contexte en Flandre".