Coup de filet dans le milieu djihadiste tchétchène

La police fédérale a effectué lundi 21 perquisitions, simultanément dans plusieurs villes du pays, dans le cadre de deux enquêtes sur le terrorisme visant plus particulièrement le milieu djihadiste tchétchène. Seize personnes ont été interpellées et plusieurs saisies ont été effectuées, a indiqué le parquet fédéral. Finalement, 5 mandats d'arrêt ont été décernés, dont 3 par défaut. Les enquêteurs ne détiennent cependant pas d'éléments susceptibles de confirmer les indices initiaux de la préparation d'un attentat en Belgique.

Deux enquêtes sont en cours au parquet fédéral sur deux groupements terroristes dans le milieu tchétchène. Ces deux groupes auraient d’ailleurs eu de nombreux contacts entre eux.

Le premier groupe est établi au littoral belge, plus précisément à Ostende et Bredene (Flandre occidentale). Dix perquisitions ont donc été effectuées lundi à Ostende (photo hors contexte) et deux dans la commune balnéaire de Bredene. L’enquête avait débuté en février dernier avec un homme originaire d’Ostende, qui est parti pour la Syrie pour y participer au djihad. Il aurait été blessé en Syrie et serait rentré en Belgique pour être soigné.

Les enquêteurs étaient à la recherche au littoral de plusieurs personnes qui se sont battues en Syrie, en Tchétchénie et en Afghanistan. Leur implication était orientée vers les groupes terroristes Jabhat al Nusra et l’Emirat du Caucase.

Pas de confirmation d'attentat en préparation

Des perquisitions ont aussi été effectuées à Louvain (5) en Brabant flamand, à Anvers (2), à Jabbeke (1) en Flandre occidentale et à Namur (1). Ces perquisitions découlent d'une enquête menée depuis janvier 2015 par un juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme d'Anvers (division Malines). Elle concerne un groupe composé aussi de Tchétchènes, qui pourrait avoir eu des projets d’attentat en Belgique.

Le parquet fédéral a cependant précisé que "les différentes perquisitions n'ont pas donné jusqu'à présent d'éléments susceptibles de confirmer les indices initiaux de la préparation d'un attentat en Belgique".

Plusieurs personnes ont été appréhendées lors de ces perquisitions et des affaires ont été saisies. Les deux groupes utilisaient beaucoup l’application Whatsapp pour envoyer des messages. Pour intercepter ces messages, le parquet fédéral a travaillé en étroite collaboration avec les autorités américaines.

Finalement, cinq mandats d'arrêt ont été décernés lundi soir, dont trois par défaut. Quatorze des 16 personnes appréhendées ont été libérées après audition.

Le Premier ministre Charles Michel (photo) a salué, à l'issue des perquisitions, "le travail acharné des services de police et de justice qui ont, une fois encore, démontré la pleine mobilisation et l'entière détermination des autorités à combattre sans relâche le terrorisme". Il a rappelé notamment les douze mesures en matière de lutte contre le terrorisme et le radicalisme annoncées par le gouvernement au lendemain de l'action anti-terroriste à Verviers, en janvier dernier.