Le soutien aux parcs à éoliennes a triplé

Entre 2011 et 2014, l’aide financière dont ont bénéficié les parcs à éoliennes offshore a triplé, alors qu’une quantité toujours plus importante d’électricité est produite depuis des installations en mer. C’est ce qui ressort des chiffres de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), que la VRT a pu consulter. Malgré la réforme du mécanisme de soutien aux éoliennes, le montant de l’aide va encore augmenter ces prochaines années. Et la facture d’électricité du consommateur s’alourdira donc aussi.

Les parcs à éoliennes construits au large du littoral belge ont bénéficié l’an dernier de 230 millions d’euros en certificats verts. C’est à peu près le triple du soutien qu’ils avaient reçu en 2011, soit 75 millions d’euros à l’époque. Le montant augmente en effet à mesure que croit le nombre de parcs à éoliennes construits en mer (offshore).

A l’heure actuelle, il y a trois parcs à éoliennes actifs au large du littoral. D’ici 2020 leur nombre passera à huit, et ils pourront tous ensemble égaler la production en électricité de deux grandes centrales nucléaires.

D’ici 2020, la Belgique devra alimenter sa consommation en électricité d’au moins 20% de sources d’énergie renouvelables. Afin de stimuler les investissements en énergie solaire, en éoliennes et dans la biomasse, le secteur des énergies renouvelables reçoit un soutien financier, par le biais des certificats verts. Ces derniers sont financés par l’ensemble des consommateurs, par le biais d’une taxe inclue à la facture l’électricité.

Mécanisme de soutien ajusté

Afin de juguler les coûts, le mécanisme de soutien aux énergies renouvelables a été réformé l’an dernier, pour les parcs à éoliennes qui sont encore à construire. Mais malgré ce mécanisme de soutien ajusté, la Fédération des consommateurs industriels d’énergie (Febeliec) craint que les coûts vont encore nettement augmenter. "La nouvelle règlementation qui entre en vigueur peut conduire à une légère réduction du soutien financier, mais ce n’est pas certain", précise le directeur de la Febeliec, Peter Claes.

Il y a en effet une échappatoire. "Chaque parc à éoliennes a la possibilité de placer son propre câble et d’obtenir ainsi encore un peu plus d’aide financière. Le nouveau système de soutien pourrait ainsi finir par nous coûter plus cher qu’auparavant", estime Peter Claes. Ce qui serait un désavantage pour tous les consommateurs, tant dans le secteur industriel que les particuliers.

Le directeur de la Febeliec plaide donc pour des investissements dans la recherche et le développement, comme cela avait été le cas pour les panneaux photovoltaïques. Ces dernières années, les autorités ont beaucoup investi dans le développement de l’utilisation de l’énergie solaire, parce que les panneaux étaient à l’origine très chers. Mais entretemps, le prix des panneaux solaires a nettement baissé, de telle sorte que le système onéreux de subsides n’est plus nécessaire.

Peter Claes voudrait que l’énergie éolienne bénéficie des mêmes efforts dans la recherche et le développement, afin que le soutien financier puisse progressivement être réduit.

BELGA/MAETERLINCK