Un notaire condamné pour viol grâce à l’hypnose

Devant le tribunal correctionnel de Bruges, un notaire brugeois de 54 ans a écopé ce lundi d’une peine de prison de 10 ans pour viol et torture d’une toute jeune femme. La victime, qui ne parvenait plus à se souvenir des faits, a ensuite désigné son agresseur comme coupable alors qu’elle était sous hypnose. C’est l’une des premières fois en Belgique qu’un coupable est désigné et condamné à la suite de déclarations d’une victime sous hypnose.

Les faits remontent au 17 juin 2010. Une jeune femme travaillant dans un bed & breakfast attaché à un manège, à Oostkamp en Flandre occidentale, avait été brutalement violée. La victime ne parvenait ensuite plus à se souvenir des faits, sous l’effet du traumatisme. Ce n’est que lorsqu’elle a été placée sous hypnose par un thérapeute spécialisé qu’elle a désigné le notaire brugeois de 54 ans comme son agresseur.

Elle avait fait la connaissance de l’homme le jour-même, dans le bed & breakfast. Le notaire a toujours déclaré n’avoir rien à voir avec le viol. Il affirme que la jeune femme l’avait appelé à l’aide le soir des faits sur son GSM. Lorsqu’il est arrivé, il l’aurait trouvée ensanglantée. C’est d’ailleurs lui qui l’avait conduite à l’hôpital.

L’homme était au départ seulement soupçonné de viol. Le ministère public avait réclamé 5 ans d’emprisonnement. Mais pendant les plaidoiries, le tribunal a fait état de torture comme fait aggravant. Le notaire ayant été jugé coupable de torture également, il écope de 10 ans de prison.

La victime reçoit des dommages et intérêts de 7.500 euros, et elle sera suivie par un spécialiste.

"Le puzzle était complet"

Depuis les faits, le notaire n’est plus actif. Ses avocats avaient réclamé l’acquittement parce qu’ils estiment qu’un témoignage sous hypnose ne peut pas servir de preuve. Mais le tribunal en a jugé autrement.

Le notaire n’a pas été immédiatement arrêté. Il a une amie thaïlandaise et, selon le parquet, il pourrait tenter de partir pour la Thaïlande. Mais ses avocats affirment qu’il souhaite aller en appel, pour prouver son innocence, et ne risque donc pas de quitter la Belgique.

Le tribunal souligne avoir tenu compte des déclarations de la victime sous hypnose, mais pas comme unique preuve ou preuve déterminante. "On a rassemblé toutes les pièces du puzzle et conclu que le puzzle était complet" avec les déclarations sous hypnose, précise le juge de la presse Koen Wittouck.

Le jour des faits, le notaire et la jeune femme étaient seuls dans le bed & breakfast peu après 14h. Il a eu plus d’une demi-heure pour commettre le viol. La présence d’une tierce personne n’a été détectée par aucune caméra de surveillance.

Le tribunal a aussi pris comme argument que l’homme possédait chez lui beaucoup de matériel érotique et pornographique. L’après-midi des faits, il avait aussi changé de vêtements sans raison apparente. D’après le psychiatre qui l’a examiné, le notaire serait un menteur pathologique.