Perquisitions au cabinet de la ministre Joëlle Milquet

La justice a procédé mardi après-midi à des perquisitions au cabinet de la ministre de l’Education (photo). L’opération menée par une vingtaine d’enquêteurs de la police judiciaire s’inscrit dans le cadre de l’instruction du dossier sur les collaborateurs litigieux engagés au cabinet de l’Intérieur par Joëlle Milquet, lorsqu’elle était titulaire de ce portefeuille, 6 mois avant les élections de 2014.
Nicolas Maeterlinck

Les enquêteurs ont notamment emporté des documents et se sont intéressés à des téléphones portables et des ordinateurs. Interrogé mardi, le porte-parole de Joëlle Milquet (CDH) a confirmé cette perquisition dans les bureaux de la ministre, à Bruxelles, ajoutant que l'intéressée n'était plus présente sur place.

Des perquisitions auraient également été menées au domicile de la ministre francophone de l’Education et chez des collaborateurs personnels de Milquet. Dans une déclaration à Belga, la ministre a dit se "réjouir que les vérifications d'usage que permet une instruction puissent enfin mettre un terme définitif à ce dossier".

Pour Joëlle Milquet, il n'y a "rien de neuf à déclarer au sujet de l'instruction en cours déjà rendue publique". Selon elle, celle-ci repose "sur les insinuations sans aucun fondement, démenties depuis le début et contenues dans un seul article de presse, du Vif l'Express, datant de février 2014". La ministre s'est refusé à tout autre commentaire.

Le parquet général a de son côté confirmé une enquête "dans le cadre d'une instruction déjà ouverte à charge de Joëlle Milquet. Le secret de l'instruction reste le principe général et il ne fera pas exception dans ce cas", a ajouté le parquet général, se refusant à donner davantage d'informations.

La loi sur les dépenses électorales enfreinte ?

En février 2014, le magazine 'Le Vif/L'Express' avait révélé le recrutement de collaborateurs de campagne par la vice-Première ministre et ministre de l'Intérieur de l'époque, au sein de ses deux cabinets, à six mois des élections. Selon le magazine, ces collaborateurs semblaient uniquement chargés de préparer la campagne électorale de Milquet (photo) à Bruxelles. Une grande partie de ces nouveaux collaborateurs s'étaient par la suite retrouvés sur les listes du CDH.

Il se serait agi de 8 collaborateurs environ, essentiellement d’origine allochtone, qui auraient eu pour mission de préparer des événements dans les milieux congolais, turcs et marocains de la capitale auxquels la ministre pouvait assister. Elle aurait ainsi pu rencontrer un nombre d’électeurs potentiels des communes d’Anderlecht, Saint-Josse, Molenbeek et Bruxelles Ville.

Si ces accusations s’avéraient correspondre à la réalité, la ministre Milquet aurait enfreint à la loi sur les dépenses électorales. Une campagne ne peut en effet être financée avec de l’argent des cabinets ministériels.

Nicolas Lambert