Le non-marchand proteste contre la pression de travail

A l’appel des syndicats, entre 2.000 et 3.000 personnes ont manifesté ce vendredi à Bruxelles contre les économies imposées par les gouvernements fédéral et flamand au secteur des soins de santé. Elles ont progressivement rendu la charge de travail intolérable, affirment les syndicats, qui réclament des négociations sur de nouveaux accords pluriannuels. Le non-marchand représente 500.000 travailleurs en Belgique.

Le secteur non-marchand déplore qu'à chaque réforme, les règles et garanties concernant le personnel nécessaire, ainsi que les conditions de travail de qualité, disparaissent. Les syndicats réclament en outre des négociations sur des accords pluriannuels, le non-marchand fédéral étant sans accord depuis deux ans. Ils dénoncent l’importante pression de travail sur le personnel, « qui a atteint ses limites ».

Reçue en matinée par le Premier ministre Charles Michel et le vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi Kris Peeters, la première délégation estime avoir été entendue. La réforme des hôpitaux, "mise sur les rails sans concertation par la ministre Maggie De Block", y a été abordée, puisqu'elle est vue comme un problème majeur pour les représentants du secteur, risquant "d'avoir un impact trop important sur les conditions de travail".

Un agenda de rencontres avec la ministre a d'ailleurs été prévu, le premier rendez-vous étant fixé au 30 juin. Néanmoins, seul un entretien par trimestre est actuellement envisagé du côté ministériel. Beaucoup trop peu, pour les syndicats qui dénoncent un semblant de concertation.

Les représentants syndicaux ont également insisté pour que les mesures de réduction de cotisations sociales appliquées dans le passé ou prévues - dans le tax shift - soient intégralement transférées dans le secteur non-marchand à travers le dispositif Maribel social pour la création d'emploi.

Enfin, à l'approche du conclave budgétaire, la délégation a rappelé qu'aucune économie ne pourrait être faite dans le secteur, mais que celui-ci attendait par contre bien des investissements. Ils ont également mis en garde le gouvernement de nouvelles mobilisations tout au long de l'automne si leurs demandes n'étaient pas entendues.

Les autres délégations ont été reçues aux gouvernements wallons, flamand, bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Du côté de la capitale, un représentant des autorités s'est engagé à réunir tous les ministres compétents autour de la table pendant l'été - au plus tard en septembre - afin de discuter de l'harmonisation des cadres du secteur.

L'accueil a été bien moins chaleureux à la Fédération Wallonie-Bruxelles puisqu'il a été signifié aux représentants syndicaux qu'aucun nouvel accord social n'interviendrait avant 2017. Une rencontre a cependant été planifiée au 3 juillet, elle fera office de "rencontre-bilan" et les différentes parties y entameront les négociations pour un éventuel accord social futur. La délégation reçue au gouvernement wallon a qualifié son entretien de "très négatif". Selon elle, tant que le gouvernement régional n'ira pas chercher l'argent "là où il se trouve", soit via une taxe sur les grosses fortunes, aucune avancée ne pourra être faite dans le secteur.