Le second vice-président burundais réfugié en Belgique

Le second vice-président Gervais Rufyikiri (photo principale) a quitté le Burundi pour se réfugier mercredi en Belgique. Il proteste ainsi contre la candidature du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, indiquait-il à la chaîne de télévision France 24.

Germain Rufyikiri a demandé au président de renoncer à briguer un troisième mandat, "sinon le pays risque de sombrer dans le chaos". Pierre Nkurunziza (photo) a annoncé fin avril qu’il était candidat à sa propre succession, alors qu’un 3e mandat présidentiel est interdit par l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.

Depuis cette annonce, des actions de protestation violemment réprimées ont déjà fait au moins 80 morts, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

Le second vice-président Germain Rufyikiri, un membre du parti présidentiel, le CNDD-FDD - mais il a été exclu en janvier du "conseil des sages" du parti -, a également publié une lettre ouverte au président Nkurunziza, dans laquelle il affirme que "l'élément déclencheur (des troubles que traverse le pays) est votre candidature à un troisième mandat présidentiel interdit par la Constitution et par l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.

"A quoi servira de gagner des élections par ailleurs contestées et qualifiées d'inconstitutionnelles si vous perdez en même temps les moyens pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population", ajoute-t-il.

Rufyikiri (50 ans) affirme s’être réfugié en Belgique pour des raisons de sécurité. Il connait notre pays notamment pour y avoir fait un doctorat. D’après le vice-président, d’autres citoyens burundais de renom ont déjà dû quitter le pays parce qu’ils avaient fait des déclarations à l’encontre du président Nkurunziza.