Le Chat de Geluck aura son musée à Bruxelles

L'auteur de bandes dessinées Philippe Geluck et le ministre-président bruxellois, Rudi Vervooort, ont officialisé vendredi matin l'annonce de la création d'un musée du Chat, le personnage fétiche du premier, dans un édifice du complexe appartenant à la Région bruxelloise dans le quartier des musées entourant la Place Royale, au coeur de la capitale.

Le musée devrait ouvrir d'ici la fin de la décennie dans le "bâtiment 1930", un chancre situé à l'arrière du siège du gouvernement bruxellois et du BIP. Il hébergera une exposition permanente reprenant des planches produites par Philippe Geluck à la naissance du Chat et d'autres réalisations plastiques personnelles, mais il sera surtout le réceptacle d'expositions temporaires consacrées à des grands auteurs du métier de cartooniste de presse, et de mise en valeur de jeunes talents.

De son propre aveu, l'idée de faire un musée trotte dans la tête de Philippe Geluck depuis l'expo qu'il avait consacrée au Chat, à l'occasion des vingt ans de sa naissance, en 2003. "Pour un enfant né à Bruxelles, on ne peut rêver un endroit plus prestigieux" que le quartier des musées où se côtoient notamment le musée Magritte, celui des instruments de musique (MIM), les musées royaux d'Art et d'Histoire, le Palais des Beaux-Arts, ...., a commenté l'auteur qui compte s'investir pleinement dans son projet.

Les discussions entre la Région bruxelloise et Philippe Geluck sur la localisation du musée ont démarré en janvier dernier. "On s'est rendu compte que l'on avait un bâtiment situé dans un quartier exceptionnel et propriété publique du patrimoine bruxellois mais dans un état avancé", a expliqué Rudi Vervoort, annonçant que la Région bruxelloise prendrait à sa charge la rénovation de l'immeuble dont la démolition avait été très sérieusement envisagée, il y a un peu plus de dix ans pour permettre l'aménagement d'un jardin médiéval devant l'hôtel de Lalaing dont il masque la vue. Dont coût: de 4,2 à 4,5 millions d'euros, selon le ministre-président bruxellois.

Philippe Geluck compte quant à lui se tourner vers le privé pour co-financer avec lui l'installation du musée (2,5 à 3 millions d'euros) qui devrait procurer du travail à une trentaine de personnes. Le lieu comprendra aussi une cafétéria et une boutique de souvenirs indispensables pour l'auto-financement à terme du musée. L'accès sera organisé depuis la rue Royale, la sortie par la rue Villa Hermosa.

A terme, Philippe Geluck voudrait y créer un centre d'archivage du dessin de presse. Il souhaite aussi que le musée devienne un lieu d'accueil et d'animation pour les enfants dont il souhaite contribuer à donner le goût de l'observation, une initiation au dessin et à l'humour.

Aux yeux de Rudi Vervoort, le futur musée du Chat constituera une plus-value dans un quartier qui attire actuellement quelque 350.000 visiteurs par an en ce qu'il attirera un public différent et contribuera au rayonnement de Bruxelles dans sa diversité.