Bourgmestre non-nommé: la saga continue

La ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), a mis mardi à exécution sa menace de dépêcher un commissaire de gouvernement dans la commune à facilités de Linkebeek pour vérifier lors du prochain conseil communal si la présentation d'un candidat-bourgmestre a été valablement déposée. Cette décision fait suite à une situation qui dure depuis des années.
BELGA/VERGULT

Le libéral francophone Damien Thiéry a été élu bourgmestre faisant fonction de Linkebeek en 2007. Depuis les élections communales de 2012, le gouvernement flamand a déjà refusé par deux fois sa nomination au poste de bourgmestre de Linkebeek, petite commune de moins de 5.000 habitants majoritairement francophone.

Pour les autorités flamandes, cette nomination est une infraction aux lois linguistiques. Les convocations électorales avaient en effet été envoyées en français, alors que la loi linguistique prévoit que toute communication officielle dans les communes à facilités doit tout d’abord avoir lieu en néerlandais.

Le conseil communal avait confirmé il y a quelques jours la décision du 4 mai de désigner Damien Thiéry (MR) comme bourgmestre faisant fonction. Mme Homans avait toutefois demandé de désigner un nouveau bourgmestre et, en attendant, de proposer un autre bourgmestre faisant fonction.

Liesbeth Homans envisageait deux solutions au problème : une modification du décret flamand sur les communes ou l'envoi d'un commissaire du gouvernement. Vu l'absence de consensus dans la majorité régionale (N-VA, CD&V, Open Vld) pour modifier le décret, c'est la deuxième solution qui a prévalu.

La ministre flamande des Affaires intérieures ne semble pas avoir été impressionnée par les récentes déclarations de Damien Thiéry. Celui-ci avait déclaré espérer ne pas voir de commissaire arriver à Linkebeek. "Cela ne serait dans l'intérêt de personne et pourrait être considéré comme une inquisition, une déclaration de guerre", avait-il indiqué.

Lisbeth Homans a une fois de plus rappelé que le refus gouvernemental de nommer Damien Thiéry a été suivi à deux reprises par le Conseil d'Etat, réuni en assemblée générale bilingue.

De son côté, le MR a réitéré son soutien à Damien Thiéry "dans toutes les démarches juridiques qu'il jugera opportun d'entreprendre". Il a également rappelé que ce dernier avait été élu à deux reprises (2006 et 2012) "démocratiquement et très confortablement".