La Belgique expulse pour la première fois un imam radical

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, a signé lundi un arrêté visant à expulser un imam radical verviétois. Une première qui pourrait être suivie par d'autres, rapportent mardi les journaux de SudPresse et Het Laatste Nieuws.

"Nous avons reçu des informations provenant de la Sûreté de l'État démontrant qu'il y avait un véritable danger pour la sécurité nationale", a expliqué une porte-parole du secrétaire d'État.

"Si cette personne n'a pas encore été condamnée, son dossier comporte de nombreux éléments montrant qu'il prêche la haine et s'adonne au prosélytisme. Cette personne avait notamment soutenu Mohamed Merah, le tueur de Toulouse."

"Dès demain, elle va recevoir un ordre de quitter le territoire dans les 30 jours puis sera remise aux autorités néerlandaises avec qui nous sommes en contact", ajoute la porte-parole. "Cette personne sera également radiée des registres communaux et nationaux. Sa famille peut rester, mais on suppose qu'elle quittera le territoire à ses côtés."

Quatre autres dossiers sous examen

L'Office des Étrangers (OE) examine quatre autres dossiers d'imams suspectés de prêcher un discours de haine en Belgique, a indiqué mardi le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Théo Francken, en commission de la Chambre, en réponse à une question de Koen Metsu (N-VA).

D'autres dossiers sont à l'étude qui visent deux ressortissants marocains, un Algérien et un Afghan.

"Nous nous fondons sur des informations solides reçues de nos services", a souligné M. Francken, en précisant que les autres pays européens agissaient également de la sorte.

S'il n'y a pas eu de condamnation judiciaire, des informations sérieuses laissent penser que la sécurité de l'État est menacée et autorisent donc à prendre une telle décision, a-t-il ajouté.