La criminalité en baisse, sauf pour certains délits

Les polices fédérale et locale ont enregistré en 2014 une baisse de la criminalité de 3,7% par rapport à l'année précédente et cette tendance s'est poursuivie au cours des trois premiers mois de 2015, a annoncé mercredi le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, Jan Jambon, tout en appelant à la "prudence" dans l'interprétation des chiffres.

"Il ne s'agit en effet que de délits déclarés" (936.297 "faits criminels"), a-t-il souligné lors d'une conférence de presse à Bruxelles en compagnie de son collègue de la Justice, Koen Geens (CD&V), de la commissaire générale de la police fédérale, Catherine De Bolle, et du président de la Commission permanente de la police locale, Jean-Marie Brabant, pour présenter les chiffres 2014 de la criminalité en Belgique.

Depuis 2011, la baisse cumulée atteint les 10%, a souligné M. Jambon (N-VA), parlant d'un recul continu. En 2014, c'est surtout à Bruxelles - où 400 policiers supplémentaires ont été affectés en vertu d'une décision du précédent gouvernement - et dans une moindre mesure en Flandre que la baisse est la plus marquée.

Plus de policiers et d’investissements

Davantage de "bleu en rue (‘blauw op straat’, une formule populaire en Flandre), cela marche", a assuré le ministre, tout en soulignant que les derniers mois ont été "très lourds" pour les services de police, depuis les attentats de Paris et le démantèlement d'une cellule terroriste à Verviers.

M. Jambon (N-VA) a, tout comme Mme De Bolle, attribué partiellement cette baisse à l'engagement accru de la police et à sa présence visible dans les rues, qui ont eu, selon eux, un effet préventif sur certaines formes de criminalité.

De nombreux investissements ont aussi été consentis dans des actions ciblées, dans la "techno-prévention" (caméras de surveillance, systèmes d'alarme...) et dans la coopération internationale, a pour sa part fait valoir M. Brabant.

Pas de baisse en matière de drogue et de cybercriminalité

La baisse de la criminalité n'a toutefois pas été identique selon les catégories, avec des diminutions sensibles dans certains domaines, comme les vols de métaux (-32,6% grâce à une nouvelle législation), les cambriolages dans les habitations (- 4,6%) et les entreprises (-8,6%) ainsi que les vols à main armée (-9,7%), sauf en Wallonie, et la violence dans les transports publics, en recul dans les trois Régions.

Mais le "hacking" (piratage informatique) a connu une hausse de 16,6% alors que les faux informatiques ont progressé de 27,2%, selon Mme De Bolle, qui a souligné que le modus operandi des cybercriminels évoluait très rapidement.

La criminalité liée à la drogue a aussi enregistré une hausse sensible: +5;4% pour l'importation de cocaïne - mais un protocole vient d'être signé avec la police colombienne pour mieux combattre ce phénomène -, +68,8% pour le trafic de drogues synthétiques et +15,8% pour la production de cannabis à grande échelle.

Les services de police ont affirmé mercredi accorder de l'attention aux violences intrafamiliales, à la lutte contre l'homophobie ainsi que contre le racisme et la xénophobie (en hausse respectivement de 34,8 et 26,3% selon les statistiques officielles qui ne tiennent pas compte des "chiffres noirs" de non déclaration).

Lutte contre la radicalisation

M. Geens a pour sa part insisté sur la lutte contre la radicalisation, en insistant sur la nécessité d'"agir de façon préventive". Ce qui n'empêche pas la justice d'ouvrir un dossier pénal pour la plupart des "combattants étrangers" d'origine belge partis en Syrie pour "participation aux activités de groupements terroristes". 138 dossiers ont ainsi été ouverts en 2014, un doublement par rapport à l'année précédente, alors que seize cas de "mercenaires" ont été recensés, cinq fois plus qu'en 2013.

Les deux ministres ont encore affirmé travailler à une note de "sécurité intégrale" associant les départements fédéraux et les entités fédérées intéressées, en vue d'une approbation d'ici la fin de l'année.

Quant à M. Jambon, il a confirmé vouloir "continuer à moderniser la police", en se concentrant sur les "tâches essentielles" et en supprimant les autres, quitte à coopérer davantage avec le secteur privé. "Un policier ne doit pas être un facteur", a-t-il expliqué.