"Ce gouvernement a 3 priorités: des jobs, des jobs et des jobs"

Le Premier ministre fédéral Charles Michel (MR) a présenté ce jeudi l’accord intervenu au sein de son gouvernement au sujet des budgets 2015 et 2016, ainsi que sur le virage fiscal. "Ce gouvernement a trois priorités : des jobs, des jobs et des jobs" a-t-il déclaré: "Cette décision est un moteur pour la croissance et pour l’emploi. Il faut supprimer le handicap salarial" par rapport aux pays voisins, "l’engagement pris ici permet d’atteindre cet objectif ambitieux".

Le gouvernement promet "un renforcement des bas et moyens salaires à hauteur de 100 euros par mois".

Plusieurs moyens seront utilisés pour y parvenir: une réforme des barèmes utilisés dans le calcul de l'impôt (il est question de supprimer la tranche de 30%), le bonus à l'emploi et l'augmentation de la quotité exemptée d'impôts.

Puisque ces mesures peuvent avoir un impact sur le financement des entités fédérées, le gouvernement fédéral entamera un "dialogue" avec elles, tout en soulignant que les mesures seront d'application dès l'an prochain.

"L'objectif est là, les enveloppes sont là. La seule question, c'est de savoir quel sera le chemin technique", a souligné Charles Michel.

Nicolas Maeterlinck

La TVA sur l'électricité passe à 21%, les accises augmentent

L'exécutif fédéral s'est félicité du virage fiscal (tax shift) qu'il a emprunté, d'un montant de 7,2 milliards d'euros si l'on additionne les mesures déjà prises à l'entrée en fonction du gouvernement, l'enveloppe bien-être et les mesures décidées jeudi à concurrence de 3,7 milliards.
Ce virage comportera un volet environnemental et de santé. Le taux de TVA sur l'électricité remontera à 21% dès le 1er septembre.

Les accises sur le tabac, l'alcool, le diesel (sauf professionnel et en contrepartie d'une baisse sur l'essence) ainsi que sur les boissons sucrées seront relevées.

La bouteille de bière augmentera d'un centime, la bouteille de vin de 10 centimes et les boissons fortes de 2,5 euros. Le paquet de cigarettes augmentera de 70 centimes et le tabac à rouler d'1,85 euro.

Le précompte mobilier passera à 27%, tout en exemptant les livrets d'épargne et en préservant les investissements dans les PME. Le rendement de la taxe Caïman sur les constructions juridiques à l'étranger a été revu à la hausse.

La spéculation sera taxée en touchant la détention d'actions pendant moins de 6 mois, tout en intégrant les moins-values. Un nouveau régime sera également prévu pour les sociétés immobilières.

Une harmonisation du précompte sur les droits d'auteurs sera mise en œuvre. Des dividendes sont attendus par ailleurs de Belfius et de la Loterie nationale.

Les cotisations patronales sur le salaire passeront de 33% à 25% afin de doper l'emploi. Des mesures seront prises pour favoriser l'embauche et l'investissement dans les PME, d'un montant de 430 millions d'euros. Le travail en équipe et continu sera davantage soutenu. Des mesures spécifiques seront prises pour les entreprises de haute technologie.

Le gouvernement a l'ambition de supprimer l'écart salarial entre la Belgique et ses voisins et ainsi faire progresser le pays dans les classements internationaux.

"Pour les investisseurs qui regardent la carte de l'Europe, c'est important", a affirmé Charles Michel.

Des efforts importants seront fournis pour optimaliser le fonctionnement de l'appareil public dans le cadre de l'accord de gouvernement: achats groupés, meilleure perception de l'impôt ou gestion de l'immobilier. Quelque 700 millions d'euros sont attendus, qui seront précédés dans un premier temps par des investissements.

Les mesures en matière de chômage et de prépension, notamment d'activation, seront poursuivies conformément à l'accord de gouvernement.

"Nous avons fait un premier pas. C'est maintenant aux employeurs de faire le deuxième"

Les ministres n'ont pas livré beaucoup de détails sur les mesures décidées et leur impact budgétaire. La Belgique doit remettre à l'Europe sa copie budgétaire pour le 15 octobre, a rappelé le ministre du Budget, Hervé Jamar (MR).

L'ajustement du budget 2015 a quant à lui été réalisé essentiellement à l'aide de "corrections techniques", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Les ministres ont rivalisé d'adjectifs pour qualifier le résultat de leur conclave. Charles Michel a parlé de travaux "gigantesques". "Je pense que la Belgique n'a jamais pris des décisions d'une telle envergure, qui non seulement diminuent les charges mais aussi les déplacent", a assuré le vice-premier CD&V, Kris Peeters.

"La Belgique a besoin qu'on lui fasse confiance sur la scène internationale", a dit pour sa part le vice-premier MR, Didier Reydners, qui voit dans ce genre de mesures le meilleur moyen de baisser les charges de la dette publique.

"Nous avons fait un premier pas. C'est maintenant aux employeurs de faire le deuxième en créant des emplois", a déclaré le vice-premier N-VA, Jan Jambon.