La Sûreté de l’Etat utilise davantage de méthodes exceptionnelles

L’an dernier, la Sûreté de l’Etat et le Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS, militaire) ont recouru à un nombre accru de méthodes "exceptionnelles" et "spécifiques" de recherche. C’est ce qu’indique le rapport annuel de l’organe de contrôle de ces services secrets, le Comité R. Un rapport que le quotidien De Tijd a pu consulter.

La Sûreté de l'État a employé l’an dernier 156 méthodes de ce type, contre 122 méthodes exceptionnelles en 2013. Quant au Service général de Renseignement et de la sécurité (SGRS), il a eu recours à 36 reprises à ces méthodes hors du commun.

Par les méthodes "spécifiques" ont fait référence notamment à l'identification du trafic postal ou du trafic de communications électroniques, l'observation à l'aide ou non de moyens techniques dans des lieux privés non accessibles au public, le contrôle d'objets fermés dans des lieux publics ou privés mais accessibles au public.

Les méthodes dites "exceptionnelles" visent quant à elles la création d'une société fictive pour collecter des renseignements, la possibilité d'ouvrir du courrier, la collecte de données bancaires, l'introduction dans un système informatique ou l'écoute de communications.

Combattants en Syrie

Le rapport annuel du Comité R, qui contrôle ces deux services de renseignements belges, indique d’autre part que la Sûreté de l’Etat et le SGRS sont moins souvent allés trop loin lors de l’application de méthodes exceptionnelles ou spécifiques.

Le Comité I n’a en effet dû stopper que trois opérations et mettre fin partiellement à 10 opérations. C’est nettement moins que les années précédentes.

Aucune explication officielle n’a été donnée pour l’augmentation du nombre de méthodes exceptionnelles appliquées par les services de renseignements. Mais l’augmentation du nombre de dossiers liés au départ de jeunes combattants pour la Syrie n’y est certainement pas étrangère.