L’interdiction d’abattage sans étourdissement controversée

Quelque 48 organisations musulmanes ont adressé mercredi une plainte officielle au ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA). Elles jugent "illégale" son interdiction d’abattre des moutons dans des abattoirs temporaires sans les étourdir au préalable, et demandent au ministre de retirer sa décision d’ici le 1er septembre.

Les musulmans célèbreront à la fin du mois de septembre la Fête du sacrifice, à l’occasion de laquelle nombre d’entre eux font égorger un mouton de façon rituelle, sans étourdissement préalable. Sur base d’une directive européenne, le ministre flamand chargé de veiller sur le Bien-être des animaux a décidé de ne plus autoriser l’abattage sans étourdissement des moutons que dans des abattoirs reconnus, et donc plus dans des abattoirs temporaires.

Les organisations musulmanes craignent que les abattoirs reconnus ne puissent pas traiter toutes les demandes pendant la Fête du sacrifice, et que des familles ne puissent donc faire égorger un mouton de façon traditionnelle. Si Ben Weyts ne s'exécute pas, "tous les dommages" devront être endossés par le ministre, avertissent les organisations.

De son côté, Ben Weyts (photo) a indiqué ne pas vouloir se laisser impressionner et s'en tient à sa décision, "menaces ou pas." La communauté musulmane s'oppose déjà de longue date à l'interdiction de l'abattage sans étourdissement. Elle avance des raisons religieuses pour justifier cette position. Les musulmans qui se plient à l'abattage avec étourdissement feraient partie d'une "tendance minoritaire".

Les 48 organisations qui lui ont adressé mercredi une plainte officielle accusent le ministre Weyts de négligence, parce qu'il n'a pas pris de mesures pour augmenter les capacités des abattoirs agréés - les seuls où l'abattage peut bien être réalisé sans étourdissement.

En reconnaissant cette pratique comme une tradition culturelle flamande, le ministre pourrait bénéficier d'une exception au règlement européen sur le bien-être animal, avance le groupe d’organisations. Mais le ministre n'a pas l'intention de s'étendre sur les griefs de la communauté musulmane. "La Flandre doit prendre le bien-être animal au sérieux, d'autant plus lorsque la législation européenne en la matière est claire comme de l'eau de roche."