"Le CD&V doit se demander s’il peut encore faire la différence"

Invité ce lundi matin dans l’émission "De Ochtend" de la VRT (Radio 1), l’ancien président de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) Luc Cortebeeck (photo principale) a estimé que les démocrates-chrétiens flamands n’expriment pas suffisamment leur différence dans l’actuel gouvernement de centre-droit, et qu’ils devraient se poser des questions à ce sujet.

Aujourd'hui vice-président du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT), Luc Cortebeeck (65 ans) s'est dit "inquiet" de l'évolution de la société flamande et belge. Selon lui, on a touché aux fondements sociaux.

Cortebeeck a notamment critiqué l'accord intervenu sur le Tax shift, qui selon lui déçoit tout particulièrement. "Il avait déjà fallu reculer avec un saut d'index. On fait une nouvelle fois payer l'addition à la classe moyenne, aux travailleurs et aux allocataires sociaux. Il ne s'agit pas d'une politique en faveur des Flamands qui travaillent, ou qui ont durement travaillé par le passé, mais au service des Flamands qui possèdent. A nouveau, on creuse un fossé, et cela m’inquiète tout particulièrement", a dénoncé Cortebeeck.

L'ancien chef de file du syndicat chrétien se montre particulièrement sévère à l'égard du CD&V. "Il est temps que les chrétiens-démocrates s'interrogent: faisons-nous la différence? Si nous voulons effectivement œuvrer au service d'une plus grande justice sociale et d'une économie saine, solide sur ses bases". Cortebeeck estime que le CD&V "ne fait suffisamment la différence actuellement. C’est au parti à tirer ses conclusions".

Cortebeeck trouve que les démocrates-chrétiens ne parviennent pas à faire face aux partis "conservateurs-libéraux" de la coalition fédérale. "Le MR est davantage un suiveur, mais les deux partis qui tirent la coalition sont la N-VA et Open VLD. Ils se font la concurrence pour être le plus libéral possible".

Luc Cortebeeck ne remet toutefois pas en question le rôle de Kris Peeters (ministre de l’Economie et de l’Emploi) ou de Koen Geens (ministre de la Justice) au sein du gouvernement fédéral. "Il ne s'agit pas d'une question de personnes. Ces gens sont compétents et remplissent leur tâche. Mais j'estime qu'à ce stade, la différence n'est pas suffisamment perceptible".