Le réacteur 3 de Tihange s’est mis à l’arrêt

Engie (ex-Gaz de France Suez), la maison-mère d’Electrabel, a annoncé peu après minuit sur son site internet que le réacteur 3 de la centrale en province liégeoise est à l’arrêt, plus précisément en "indisponibilité non-planifiée", à la suite de la préparation d’un entretien. Mais elle n’a pas précisé la nature de l’interruption. L’arrêt n’a jamais représenté un danger pour les environs et ne met pas en péril l’approvisionnement en électricité, précise encore le fournisseur d’énergie.

Geetha Keyaert, porte-parole d'Electrabel a précisé ce jeudi matin que le réacteur 3 de Tihange s'était mis automatiquement à l'arrêt lors de la préparation d'une opération d'entretien à une petite partie de la centrale. "Nous examinons encore ce qui s'est précisément passé, mais il n'y a jamais eu de danger pour les environs" de la centrale, indiquait-elle.

Ce jeudi, on ne savait pas encore quand le réacteur mis en service en 1985 pourra redémarrer.

L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) affirme suivre l'affaire "de très près", d'autant plus que Tihange a été le théâtre de plusieurs petits incidents au cours des dernières semaines. Dès que toute la lumière sera faite sur l’arrêt non-planifié, l'AFCN communiquera. Ce qui pourrait encore se faire ce jeudi matin.

Le réacteur Tihange 3 a une capacité opérationnelle maximale d'un peu plus de 1.000 MW. Sa mise à l'arrêt actuelle ne met pas en péril la sécurité d'approvisionnement, assure Electrabel. Le gestionnaire du réseau haute tension Elia confirme l'information, tout en précisant que des centrales au gaz supplémentaires seront démarrées pour compenser la perte de capacité due à l'arrêt du réacteur.

Mise en garde pour Tihange

Le mois dernier, un incident technique était survenu autour du réacteur Tihange 3 et sa production avait été volontairement réduite, afin de permettre le remplacement d'un élément d'une unité.

Et la semaine dernière, quatre employés de Tihange ont été temporairement écartés. Ils ne sont provisoirement plus autorisés à remplir leurs fonctions, notamment dans la salle de contrôle.

A la demande de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, l’ensemble du personnel de la centrale de Tihange devra en outre suivre une formation pour y renforcer ‘la culture de sûreté", à la suite de divers incidents survenus ces 6 dernières semaines.

Johan Vande Lanotte veut des explications

Le député Johan Vande Lanotte (SP.A) a demandé ce jeudi que l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) fournisse des explications au Parlement à la suite de l'incident qui s'est produit au réacteur de Tihange 3.

Cet incident n'est pas le premier, souligne l'ancien ministre de l'Economie (photo). "Les centrales belges sont en train de devenir les moins fiables qui soient. Si une source d'énergie renouvelable connaissait autant de problèmes, le gouvernement y aurait déjà mis un terme depuis longtemps", a-t-il affirmé.

L'incapacité d'Electrabel, exploitant de la centrale, de fournir des explications jeudi matin est "inimaginable", estime le député. "Et encore, il s'agit d'un des meilleurs réacteurs, alors que d'autres qui ont 40 ans seront prolongés de dix ans. Le choix du gouvernement de miser sur le nucléaire est un choix du passé", a estimé Vande Lanotte.