La moitié des djihadistes belges ont un passé de délinquant

A peu près la moitié des djihadistes belges partis en Syrie et en Irak avaient un casier judiciaire avant leur départ, indique ce vendredi le quotidien La Libre Belgique, sur base d’informations obtenues auprès du parquet fédéral. "La plupart ont été condamnés pour des faits de vols et coups et blessures", précise le magistrat de service au parquet, Eric Van der Sijpt.
BAZZONI

"Une majo¬rité des djihadistes a un passé de droit commun", commente pour sa part Alain Grignard, expert de l'antiterrorisme à la police fédérale. "Les plus nombreux sont des délinquants, con¬damnés pour des vols à la tire ou des bra¬quages."

Les Belges seraient par ailleurs de moins en moins nombreux à partir vers la Syrie et l'Irak pour combattre dans les rangs de l'Etat islamique, rapporte vendredi le quotidien Le Soir. Fin 2014, ils étaient une dizaine à rejoindre le groupe terroriste chaque mois. Désormais ils ne seraient plus que cinq maximum.

Actuellement, environ 260 Belges combattraient en Irak et en Syrie.

Différence surprenante avec la situation en France

Si l’on en croit un rapport rédigé fin 2014 par Dounia Bouzar, la proportion de petits délinquants parmi les djihadistes est nettement plus élevée en Belgique qu’en France, précise encore La Libre Belgique. Bouzar constate en effet que sur les djihadistes français suivis par le Centre de Prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), "seuls 5 % des jeunes ont commis des actes de petite délinquance au début de leur adolescence. En revanche, 40 % d’entre eux ont connu des périodes de dépression."

La fragilité de ces jeunes explique pourquoi la propagande des groupes islamistes comme Daech ou le Front Al-Nosra fait mouche. Mais une partie de ces jeunes gens en Belgique seraient également pris dans un cercle vicieux où ils ne trouvent pas de travail en raison de leur casier judiciaire et se laissent alors plus facilement influencer pour partir combattre en Syrie ou en Irak.