"Le littoral belge ne peut devenir un second Calais"

"La criminalité recherche toujours les endroits où elle rencontre moins de résistance. Si des mesures plus sévères sont prises à Calais, les réseaux de trafiquants vont se déplacer vers la Belgique. Mieux vaut prévenir que guérir", expliquait le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) ce samedi midi au micro de la télévision privée flamande VTM. Il a mis sur pied une task force pour lutter contre le trafic d’êtres humains.

La task force réunit tous les acteurs concernés par la lutte contre le trafic d'êtres humains. Si la police fédérale en a la direction, la police locale, le parquet, l'Office des Etrangers, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil), le Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken, les gouverneurs de provinces sont également impliqués.

Le but est que les informations utiles soient rassemblées, que des actions préventives soient mises sur pied (elles ont déjà débuté), que les réseaux de trafiquants soient cartographiés, et que l'on puisse agir avec les pays voisins. La police locale belge et la gendarmerie française collaborent ainsi déjà régulièrement à la frontière des deux pays.

La police belge a dressé depuis le début de l'année dernière quelque 372 procès-verbaux pour trafic d'êtres humains, mais les réseaux n'ont pas encore été cartographiés. Ces procès-verbaux concernent 335 suspects dont 40% apparaissent dans plusieurs dossiers, précise le cabinet de Jan Jambon (photo).

Les trafiquants sont le plus souvent de nationalité belge (20% du total). Viennent ensuite les Afghans, les Irakiens, les Iraniens et les Albanais.

Du côté des victimes, 467 migrants clandestins ont été interceptés au premier semestre de cette année en province de Flandre occidentale, soit 10% de moins que l'an dernier à la même époque, souligne le ministre de l’Intérieur.

Les trois nationalités les plus représentées sont les Syriens, suivi des Algériens et des Marocains.