En 2014, la création nette d’entreprises au plus bas

La hausse de la taxation sur les bonis de liquidation, annoncée en 2013 et entrée en vigueur à l’automne 2014, a "coûté" environ 10.000 sociétés à la Belgique l’an dernier, estime le spécialiste de l’information aux entreprises Graydon. Davantage de cessations que de créations d’entreprises ont été enregistrées l’an dernier.

En soustrayant le nombre de dissolutions d'entreprises à celui des créations, le bureau Graydon a constaté que la création nette d'entreprises n'a jamais été aussi faible en Belgique qu'en 2014. La croissance sur un an a ainsi atteint à peine 0,3%.

L'an dernier, le nombre d'entités revêtant la forme juridique de "société" (SA, SPRL, société en commandite ou autre) a par ailleurs chuté, ce qui est une première en Belgique. Le cru 2014 a en effet enregistré la création de 27.794 sociétés, contre 29.669 cessations, ce qui laisse un solde négatif de 1.875 unités.

Parmi les explications avancées, il y a la hausse de 10% à 25% de la taxation sur les bonis de liquidation, annoncée en 2013 par le gouvernement fédéral Di Rupo et entrée en vigueur en octobre 2014. Les bonis de liquidation sont les sommes que se partagent les associés d'une société dissoute, après que les actifs aient été réalisés, que les créanciers et le personnel aient été payés et que les apports aient été repris.

Selon Graydon, cette mesure a "coûté" environ 10.000 sociétés à la Belgique. Il semblerait en effet que nombre de sociétés dormantes et de sociétés de management aient été liquidées avant octobre 2014, pour échapper à la hausse de taxation sur les bonis de liquidation.

Mais "la crise joue certainement aussi un rôle. Et puis on constate actuellement moins d’esprit d’entreprise en Belgique. Il faut se poser des questions à ce sujet", déclarait Eric Van den Broele de Graydon.

L’effet de la taxation accrue sur les bonis de liquidation n’aurait d’ailleurs pas encore été totalement chiffré, car un nombre croissant d’entreprises déménagent à l’étranger. "Beaucoup d’entreprises ont un nouveau siège dans un pays étranger, tout en continuant à travailler en Belgique", précise Van den Broele. Nombre de centres de décision quittent ainsi le pays, privant la Belgique de revenus fiscaux.