Geens veut lutter contre le trafic d’armes vers la Belgique

Le ministre belge de la Justice Koen Geens (CD&V, photo) veut s’attaquer au trafic d’armes en provenance de l’Europe de l’Est. C’est ce qu’il a déclaré dimanche, à la chaîne de télévision privée VTM, en réaction au fait que le suspect du Thalys, Ayoub El Khazzani, pourrait avoir acheté son arme en Belgique.

Une source proche de l'enquête a indiqué à l'agence de presse française AFP qu'Ayoub El Khazzani a "plus que probablement" acheté son arme en Belgique. Le New York Times qualifiait aussi la Belgique de "plaque tournante depuis des années pour les armes illégales" et rappelait que la piste des armes utilisées lors des attentats à la rédaction de Charlie Hebdo a mené en Belgique.

"On a dit toute sorte de choses dont je ne suis pas sûr. C'est un Marocain dont les parents habitent en Espagne, mais là s'arrêtent mes certitudes", souligne le ministre. Il dit ignorer si Ayoub El Khazzani s'est bien rendu en Syrie et encore moins savoir s'il s'est procuré sa kalachnikov en Belgique.

"Mais il est évident qu'il y a beaucoup trop de kalachnikovs illégales et démilitarisées qui arrivent en Belgique en provenance d'Europe de l'Est", poursuivait Koen Geens. "Nous devons à nouveau nous y attaquer."

Bruxelles plaque tournante du trafic illégal d’armes

Interviewé ce lundi pour le Journal télévisé de la VRT, le professeur Brice De Ruyver - qui enseigne le Droit pénal à l’Université de Gand et est expert dans le domaine de la sécurité - estimait également que l’une des priorités pour prévenir les attentats est de s’attaquer au trafic illégal d’armes en Belgique.

De Ruyver (photo) confirmait que Bruxelles a la fâcheuse réputation d’être un bon endroit pour acquérir une arme, pour des criminels et donc aussi pour des terroristes. La Belgique étant un petit pays, on y entre et on en sort facilement.

D’après Brice De Ruyver, la lutte contre le trafic illégal d’armes n’a jamais été une priorité pour les autorités belges, alors qu’il serait urgent qu’elle le soit. "Dans les années 1970, nous avons été très réservé dans la lutte contre le trafic d’armes parce que c’était très important du point de vue économique. De cette époque-là, la Belgique a conservé sa réputation de pays très propice au commerce illégal d’armes".

"Nous devons maintenant faire la transition entre notre société tolérante et ouverte et une société qui veille sans cesse à sa propre sécurité", estimait encore le professeur De Ruyver. "Nous repoussons lentement les frontières de ce qui est permis dans un état de droit démocratique".