Le suspect du Thalys n’a pas été suivi physiquement

L’homme lourdement armé qui a été maîtrisé vendredi après-midi dans un train Thalys faisant route entre Amsterdam et Paris était suivi par les services de renseignement belges, mais n’a jamais été "pris en filature 24 heures sur 24", a précisé le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (photo) ce lundi matin dans l’émission "De Ochtend" de la VRT. La présence physique du suspect de 26 ans d’origine marocaine n’aurait d’ailleurs jamais été constatée en Belgique, précise le cabinet du ministre Jambon.

L’homme qui est monté vendredi après-midi, lourdement armé, à la gare Bruxelles-Midi à bord du Thalys qui faisait route vers Paris n’était pas un inconnu des services de renseignement belges. L’Espagne aurait d’ailleurs mis en garde la Belgique à deux reprises contre Ayoub El Khazzani (photo).

"L’homme était en effet connu de nos services de renseignement, mais pas considéré comme ‘très dangereux’", réagissait ce lundi matin le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, au micro de la VRT (Radio 1). "Nos services de renseignement suivent des centaines de personnes. Certaines sont tenues à l’œil de façon très intensive, d’autres moins. Cela dépend de l’estimation de la menace pour chacune d’elles".

"Il est difficile de faire des choix. On ne peut surveiller tout le monde 24 heures sur 24, sept jours sur sept", précisait encore Jan Jambon. "Il faut 24 membres de la sécurité pour suivre quelqu’un toute l’année, jour et nuit". Le jeune marocain de 26 ans n’étant pas considéré comme très dangereux, il n’a pas été suivi physiquement 24 heures sur 24, "mais on le gardait à l’œil".

Plus précisément ? "Nous savions que l’homme existait, mais nous ne l’avons jamais rencontré physiquement en Belgique. Il a cependant été suivi via d’autres canaux. Mais nous ne pouvons divulguer des informations à ce sujet".

Sécurité renforcée de 50 personnes

Toujours dans l’émission "De Ochtend", le ministre de l’Intérieur a précisé que 50 personnes supplémentaires allaient être chargées d’effectuer des contrôles de sécurité dans les gares internationales. "En plus de cela, nous nous sommes mis d’accord avec la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), de rendre accessible à la police les images de surveillance de toutes les gares, et donc pas seulement celles des gares internationales".

L’armée sera-t-elle à nouveau appelée en renfort pour veiller à la sécurité ? "Nous avons toujours dit que si le niveau de la menace passe à 3, l’armée sera également engagée dans la surveillance. A l’heure actuelle, c’est encore le cas pour certaines institutions en Belgique. Les gares sont par contre quelque chose de spécifique. La police du rail et la police fédérale y sont actives. L’armée effectue des missions statiques de surveillance, alors que les trains et les gares ne sont par définition pas statiques".

Jan Jambon a souligné être "content" que le Premier ministre Charles Michel ait suggéré d’ouvrir le débat sur les accords de Schengen, qui ont permis la levée des contrôles aux frontières de 26 pays européens. "L’accord ne signifie pas que l’on ne peut plus contrôler. Si nous contrôlons davantage, on cherchera d’autres voies. Il est donc important que le problème soit réglé au nouveau international", concluait Jan Jambon.