Antiterrorisme : les ministres Jambon et Galant samedi à Paris

Les ministres belges de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et des Transports Jacqueline Galant (MR) ont confirmé leur présence, samedi à Paris, à une réunion de ministres de pays avec lesquels la France entretient des liaisons ferroviaires transfrontalières. Il s’agit d’améliorer la lutte antiterroriste à la suite de l’attaque du Thalys Amsterdam-Paris, vendredi dernier, par un homme lourdement armé.

Les ministres conviés à la réunion de samedi à Paris proviennent des pays avec lesquels la France a des liaisons ferroviaires transfrontalières. Selon l'entourage du ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, huit pays, outre la France, seraient représentés à cette réunion. "En plus de la France, il y aura l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse". Les ministres belges de l’Intérieur, Jan Jambon, et des Transports, Jacqueline Galant (photo), y ont confirmé leur présence.

Les ministres discuteront "de propositions très concrètes" pour compléter les dispositifs de vigilance, avait indiqué Bernard Cazeneuve, mercredi matin sur la radio France Inter. "Est-ce qu'on peut mettre en place des contrôles simultanés et coordonnés dans les pays de l'Union européenne qui permettent de faire "sonner" les fameuses fiches S (qui répertorient en France des individus signalés aux services de renseignements) et qui permettent de procéder à des contrôles pour mieux identifier ceux qui prennent les transports en commun? "

"Il faut regarder si l'on peut mettre en place un dispositif qui permette de contrôler dans les aéroports, dans les moyens de transport, plus systématiquement, de façon plus coordonnée, ceux qui les empruntent", a insisté Cazeneuve.

Le suspect du Thalys officiellement inculpé

L'auteur de l'attaque déjouée vendredi dernier contre le Thalys, le Marocain de 25 ans Ayoub El Khazzani, a été inculpé dans la nuit de mardi à mercredi  pour une attaque "préméditée" qui aurait pu déboucher sur un carnage.

Il a été mis en examen pour tentatives d'assassinats, association de malfaiteurs et détention d'armes, le tout en relation avec une entreprise terroriste, a affirmé à l'Agence France Presse une source judiciaire. Conformément aux réquisitions du parquet, il a été placé en détention provisoire.

Signalé par les services de renseignement d'Espagne - pays où il a vécu plusieurs années - pour sa pratique d'un islam radical, il faisait l'objet d'une fiche S en France. Mais il ne s'était pas distingué lors de son séjour dans ce pays début 2014 et aucune surveillance n'avait été activée.

Le jour de l'attaque, il avait pris le Thalys à Bruxelles, en gare du Midi. Dans son sac-à-dos, il transportait notamment 270 balles de calibre 7,62, un pistolet Luger, un cutter et une bouteille d’un demi-litre d'essence

Selon le parquet français, il aurait aussi eu un comportement bizarre avant de prendre le train. Il a ainsi acheté un billet de première classe pour 149 euros, alors qu’il a déclaré aux enquêteurs qu’il voulait rançonner des passagers du Thalys pour pouvoir acheter de la nourriture. Il aurait aussi insisté pour prendre uniquement le Thalys à bord duquel il est monté. L’enquête devra encore démontrer pourquoi.

La justice belge tente pour sa part de déterminer les "lieux de séjour" d'Ayoub El Khazzani en Belgique. Des perquisitions ont été menées chez sa soeur à Bruxelles, qui ont permis d'établir qu'il y a séjourné "très récemment". Ce que le suspect nie.