L’Office des étrangers doit refuser 93 personnes

Ce mercredi encore, une longue file de demandeurs d’asile se pressait devant l’Office des étrangers à Bruxelles, comprenant des personnes invitées mardi à revenir le lendemain. Quelque 93 réfugiés ont été refoulés et priés de se présenter à nouveau jeudi. Une centaine de personnes au moins ont passé la nuit à la belle étoile. La Croix Rouge leur a donné du savon et à manger. Des passants leur ont apporté des pommes et des couvertures.

Depuis plusieurs jours, des centaines de demandeurs d’asile se pressent tous les matins devant les portes de l’Office des étrangers, dans le quartier de la gare du Nord à Bruxelles, où ils doivent se faire enregistrer. L’Office ne parvenant actuellement à enregistrer qu’environ 250 personnes par jour, des dizaines d’autres sont chaque fois priées de revenir le lendemain. Lundi et mardi, plus de 200 demandeurs d’asile ont ainsi été refoulés chaque fois, ne pouvant prendre place dans la salle d’attente.

Ce mercredi matin, quelque 400 demandeurs d'asile faisaient la queue à l'ouverture de l’Office des étrangers. « A l’avant de la file, il y avait de nombreuses personnes tenant un papier bleu en main. Ce sont celles qui ont été priées hier de revenir aujourd’hui et qui ont donc priorité », expliquait la journaliste Marjan Temmerman de la VRT. Mardi, 203 personnes avaient en effet reçu un document leur proposant de revenir le lendemain à 8 heures.

Au total, 268 personnes ont été reçues par l’Office ce mercredi et 93 autres ont reçu un document les invitant à revenir jeudi matin. Tout s’est passé dans le calme.

La nuit dans la rue

De nombreux demandeurs d'asile ont passé la nuit dans un parc dans les environs de l’Office des étrangers, où la Croix-Rouge leur a distribué de la nourriture, des boissons, du savon et des couvertures. Des passants ont apporté des pommes et des couvertures. Il y avait beaucoup de mères avec leurs enfants. Certains demandeurs d’asile ont pu être accueillis par des membres de leur famille.

D’après l’Office des étrangers, les familles avec enfants, les personnes âgées, les malades et les femmes enceintes reçoivent une priorité. Toutes les personnes enregistrées officiellement comme demandeurs d’asile ont accès à un centre d’accueil géré par l’Agence fédérale Fedasil, dans l’attente d’une réponse à leur dossier.

Bonte : "Je ne peux garantir la sécurité des demandeurs d’asile"

Alors que le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken, a lancé un appel lundi aux communes pour qu’elles accueillent chacune au moins un demandeur d’asile supplémentaire - pour pouvoir installer encore 1.600 réfugiés de plus en Belgique -, le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte (SP.A), a déclaré redouter des tensions entre des jeunes radicalisés et des demandeurs d'asile dans sa commune.

"Sans moyens supplémentaires, je ne peux pas assurer la sécurité des réfugiés", affirme le mandataire interviewé par le quotidien De Morgen, alors qu'un centre d'accueil doit ouvrir ses portes à Vilvorde le 1er octobre. Cette localité du Brabant flamand doit déjà faire face depuis un certain temps à une radicalisation de jeunes musulmans.

Des messages particulièrement hostiles concernant l'ouverture prochaine d'un centre pour demandeurs d'asile à Vilvorde ont notamment été observés par la commune sur les médias sociaux. "La situation est explosive", estime Hans Bonte (photo). Les musulmans radicaux considèrent les demandeurs d'asile syriens comme des lâches, qui feraient mieux de rester dans leur pays pour bâtir le califat, ajoute le bourgmestre.

Ce dernier s'inquiète aussi de la situation à Bruxelles, où des radicaux pourraient facilement se procurer des armes. Dans ce contexte, Hans Bonte juge qu'il serait absurde d'ouvrir un nouveau centre d'accueil pour demandeurs d'asile dans sa commune, et ce tant que leur sécurité ne peut être garantie.

Nicolas Maeterlinck