Vos données médicales sont à vendre sur internet

Il est particulièrement facile de se procurer des données médicales sur le Net, y compris celles de citoyens belges. Telle est la découverte faite par nos collègues de l’émission Panorama (VRT). En Belgique, il est interdit de mettre ce genre de données en vente. Sur la Toile pourtant, tout semble possible.

Les données médicales récoltées proviennent des "wearables", ces accessoires de technologie portable composés d’éléments informatiques et électroniques avancés. Ces appareils ont notamment la capacité de mesurer le fonctionnement de votre corps pour ensuite envoyer les données en question à des applications ou encore à votre smartphone.

Sur le Net, ces données sont synonymes d’affaires en or pour de nombreuses firmes commerciales qui les revendent à d’autres entreprises dans un but marketing et promotionnel.

L’équipe de Panorama est parvenue à acheter en ligne une liste de données médicales auprès d’un grand courtier (broker) américain. "On parle de personnes qui ont le cancer, en passant par les fumeurs, les non-fumeurs ou encore les diabétiques. On peut aussi trouver des enfants asthmatiques. On a même des données sur des personnes qui ont mauvaise haleine", explique l’entrepreneur Bruno Vermeeren.

Les journalistes de Panorama ont voulu savoir s’il était possible d’obtenir les données médicales de citoyens flamands. Ils sont ainsi aisément parvenus à se procurer une liste de personnes souffrant de diabète, problèmes cardiaques ou de surpoids. Parmi les noms trouvés, ils sont tombés sur celui de Walter Damen, un célèbre avocat flamand.

"Je dois dire que je suis honnêtement choqué. Premièrement, parce que je ne souffre d’aucune de ces affections. Et deuxièmement parce que même si c’était le cas, je trouverais cela personnellement très grave que ce soit en vente sur internet. Il s’agit de données privées qui ne peuvent pas être commercialisées de cette manière", a-t-il confié à la VRT.

En Belgique, il est légalement interdit de mettre des données médicales en vente. Mais le ‘world wide web’ ne semble pas connaître de limites. "Nous avons laissé ces entreprises tranquilles durant des années", souligne Paul De Hert, professeur de droit de la vie privée à la VUB. "Le fait qu’il est plus difficile de s’en prendre aux sociétés américaines qu’aux belges ne signifie pas qu’il ne faut rien faire. La récréation est terminée", conclut-il.

De son côté, la Commission vie privée a indiqué qu’il était particulièrement difficile de s’attaquer à ce genre de cas. Elle souligne qu’il n’existe pas sur le Net de frontières qui déterminent que les règles de tel ou tel pays doivent être prises en compte. Selon elle, les citoyens doivent prendre conscience qu’en utilisant des applications liées à la santé, ils renoncent à une partie de leur vie privée.

Le reportage de Panorama est à voir ce dimanche soir à 20h10 sur la chaîne Canvas. Il sera ensuite disponible (en néerlandais) sur le site de la VRT deredactie.be