Bourgeois demande aux Flamands d’aider les réfugiés

Interrogé ce dimanche midi dans l’émission de la VRT "De Zevende Dag" à propos de la crise des réfugiés, le ministre-président flamand (photo) Geert Bourgeois (N-VA) a déclaré : "Nous nous préparons en Flandre à accueillir des demandeurs d’asile, et cela aura une grande influence sur notre société". Il demande aux Flamands de montrer leur bon cœur, en proposant par exemple des cours de langue ou une formation à des réfugiés.

Réagissant d’abord aux propos tenus par le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, dans les colonnes du quotidien Het Laatste Nieuws - et qui ont soulevé beaucoup de critiques, notamment de partis de l’opposition -, Geert Bourgeois déclarait ce dimanche midi sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag" qu’il est vrai en soi que la Belgique et la Flandre sont un aimant à réfugiés. C’est notamment ce qu’avait déclaré De Wever.

Geert Bourgeois rappelait la décision du Commissariat général aux réfugiés et apatrides de ne plus accorder aux jeunes hommes venant de Bagdad le statut de réfugié parce que la capitale irakienne ne se trouve pas en territoire de guerre." En ce qui concerne l’afflux de réfugiés, le discours de mon président de parti est correct. L’Union européenne devrait prévoir des frontières extérieures et veiller à une dispersion équitable des réfugiés entre les pays de l’Europe".

"De Wever voulait seulement soulever un point"

En ce qui concerne ses déclarations sur les allocations familiales, Bart De Wever voulait lancer le débat, affirme Bourgeois. "Il voulait simplement poser la question du point de vue politique, souligner que les choses pourraient peut-être changer à l’avenir". Toujours selon le ministre-président flamand, la Flandre est actuellement encore liée à la Convention de Genève et aux directives européennes qui ne permettent pas de faire la différence.

"Mais la discussion sur le statut des réfugiés doit effectivement être posée. Outre l’asile, qui est de tous les temps, il y a aussi une situation de guerre dans laquelle les citoyens ne sont pas poursuivis individuellement. C’est temporaire. En Belgique, les deux systèmes sont égaux du point de vue des lois sociales. Nous devons y réfléchir pour l’avenir".

"Les instruments pour l’accueil existent"

Geert Bourgeois réfutait d’autre part la critique selon laquelle la Flandre n’aurait pas suffisamment pris le commandement de la situation dans la crise de l’asile. "Nous n’avons pas besoin de développer de nouveaux instruments pour intégrer les réfugiés avec bonté de cœur. Nous avons déjà une politique d’intégration et de citoyennisation, nous avons des classes pour les allochtones, l’aide procurée par le VDAB" (l’Office flamand pour l’emploi).

Le ministre-président admet que la pression sur les systèmes existants va augmenter. "Pour 2015, nous pourrons assumer ces coûts, mais pour 2016 nous devrons faire des adaptations dans le budget".

Geert Bourgeois soulignait que la Flandre souhaite mener une politique d’asile chaleureuse et humaine, mais que c’est lié à certaines obligations. "Le grand problème est que les gens qui arrivent en Flandre doivent apprendre le néerlandais, trouver du travail, et adopter les valeurs flamandes. C’est pourquoi je lance un appel aux bénévoles. Peut-être qu’ils peuvent donner des cours de néerlandais aux réfugiés, les aider sur le lieu de travail".

Bourgeois estime néanmoins que l’aide doit être coordonnée. Il souligne l’existence d’organisations reconnues, comme la Croix Rouge, les administrations communales ou l’organisation flamande d’accueil de réfugiés Vluchtelingenwerk Vlaanderen.