"Nos chefs de file doivent apprendre à se taire"

Le président du Parlement flamand Jan Peumans (N-VA, photo) a appelé les chefs de file de son parti nationaliste à "apprendre à se taire" dans le dossier des demandes d’asile. Il estime que leurs propos sans nuances "font plus de tort que de bien". Il leur demande de "réfléchir deux fois avant de parler", peut-on lire ce mercredi dans le quotidien De Standaard.
Jonas Roosens

Le président du Parlement flamand - considéré comme représentant de la tendance plus sociale à l’intérieur de la N-VA - vise essentiellement le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, dont les propos amers au sujet du faible taux d'occupation par les réfugiés de l'immeuble bruxellois WTC 3 - mis à leur disposition depuis lundi soir par les autorités fédérales - ont suscité la polémique. "Ce genre de propos n’apporte rien".

Mais Jan Peumans s'adresse aussi au président du parti et bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever (photo). "J'entends le président dire qu'il souhaite réfléchir à un statut social à part pour les réfugiés. Eh bien, cela n'est pas possible en regard de la Convention de Genève. Nous n'allons tout de même pas nous en moquer. Il a heureusement dit 'y réfléchir', mais il ne faut tout simplement pas dire ce genre de choses", déclarait le président du Parlement flamand.

Jan Peumans a toutefois nié que son discours était destiné à s'attirer les bonnes grâces de l'électeur d'extrême-droite de la N-VA - comme le suggérait mardi l'ancien commissaire européen Karel De Gucht (Open VLD). "Franchement. La situation est déjà assez compliquée comme çà. Il faut se concentrer sur l’humanitaire. Faites votre travail et préoccupez-vous de ces gens".

Peumans a tenu à souligner que les ministres N-VA géraient bien le dossier sur le plan politique. "Notre politique face aux réfugiés est bonne. Ce n’est pas pour rien que les gens viennent dans notre pays. Nous sommes une région riche, où il fait bon vivre. Il faudrait plutôt considérer la problématique d’un angle positif".

"Je lance donc un appel aux membres de mon parti : taisez-vous ! Cela me semble bien mieux. Réfléchissez deux fois avant de faire des déclarations".