Plan de répartition des réfugiés : Francken pas optimiste

Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), se dit "pas vraiment optimiste" à propos des chances de réussite du Plan de répartition des demandeurs d’asile dans l’Union, proposé par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Il songe notamment à "certains chefs d’Etat qui disent ‘non’ à l’accueil" de réfugiés supplémentaires. Francken souligne en outre que cet accueil n’est qu’un début d’une longue histoire. Pour l’intégration à long terme des réfugiés, il faudra débloquer de gros budgets et de l’aide européenne sera nécessaire.

D’après le Secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA), la politique d’asile de la Belgique est un modèle en Europe. "Nous figurons parmi les meilleurs élèves, nous faisons tout ce que l’Europe nous demande. Nous allons sauver des réfugiés en mer, nous offrons un accueil aux demandeurs d’asile… Nos services travaillent d’arrache-pied. En quatre mois de temps, nous avons créé 10.000 places d’accueil".

Le Secrétaire d’Etat belge ne se montre par contre pas très optimiste quant aux chances de réussite du Plan de répartition des réfugiés dans l’Union proposé mercredi par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (photo). "La Commission européenne a déjà fait plusieurs propositions, mais chaque fois il y a un certain nombre de chefs d’Etat qui refusent". Il s’agit notamment de pays d’Europe de l’est, comme la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie.

"La Belgique est certainement prête à faire tout ce qu’elle peut dans le cadre de ce Plan de répartition, mais à certaines conditions. Cela dépendra de la façon dont se passent les négociations à huis-clos au Conseil européen de lundi prochain. Mais je ne suis pas très optimiste".

"Fedasil tente de donner une place à 250 personnes par jour"

Dans l’émission "De Ochtend" (VRT), le Secrétaire d’Etat louait ce jeudi matin ses services "qui travaillent d’arrache-pied et de façon fantastique". Quelque 250 dossiers sont traités quotidiennement par l’Office des étrangers. Ne faudrait-il pas augmenter ce nombre ?

"Il faut savoir que les demandeurs d’asile patientent toute la journée dans une salle d’attente que leur demande soit enregistrée et qu’on leur trouve un endroit où loger. Il s’agit d’ailleurs de plus de 250 personnes par jour, car les enfants ne sont pas comptés. Hier nous n’avons pu désigner une place d’accueil aux derniers candidats que vers 20h", précisait Francken.

"L’Agence fédérale Fedasil travaille beaucoup pour ouvrir chaque jour de nouvelles places d’accueil, étendre les capacités d’accueil, pour donner une place aux candidats à l’asile. Elle est sans cesse à la recherche. En quatre mois de temps, nous avons ainsi créé 10.000 places, alors que les gouvernements précédents ont eu besoin de 4 ans pour le faire. Nous ne pouvons enregistrer plus de 250 personnes par jour", répétait le Secrétaire d’Etat.

Theo Francken souligne d’autre part que cet accueil et la demande d’asile ne sont que le début d’une longue histoire. "Nous devons aussi élaborer une vision à long terme. La confection du budget pour 2016 débutera bientôt. Nous devons voir quels budgets seront nécessaires pour l’asile, l’accueil et l’intégration. Cela nécessitera beaucoup d’argent. Je réitère donc ma demande en faveur d’un fonds d’urgence européen", concluait le Secrétaire d’Etat.