Michel : "La Belgique a déjà fait beaucoup d’efforts"

Invité jeudi soir sur le plateau de l’émission "Terzake" de la VRT, le Premier ministre Charles Michel (MR, photo) a affirmé être prêt à participer à l’accueil des très nombreux réfugiés qui arrivent depuis quelques mois en Europe, mais il demande que l’on tienne compte aussi, au sein de l’Union européenne, des efforts déjà fournis par le passé par la Belgique. Il met notamment en garde contre l’impact qu’auront sur le budget fédéral les 280 et 600 millions d’euros supplémentaires nécessaires respectivement en 2015 et 2016 pour mener à bien cet accueil.

Charles Michel s’est entretenu jeudi midi avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au sujet du Plan de répartition des demandeurs d’asile dans l’Union que ce dernier a proposé mercredi au Parlement européen. Il en a profité pour souligner auprès de Juncker qu’une solidarité entre tous les pays membres de l’Union est nécessaire pour mener ce Plan à bien.

Une réunion très importante est prévue lundi entre les ministres européens de l’Intérieur et de l’Asile et la Migration pour s’accorder sur la répartition des centaines de milliers de demandeurs d’asile. D’ici là, Charles Michel veut continuer à œuvrer à un accord entre tous les pays membres et refuse de s’exprimer sur l’attitude qu’adoptera la Belgique dans l’éventualité d’une absence d’accord.

Sur le plateau de "Terzake" (VRT), Michel précisait jeudi soir qu’il a demandé au président Juncker de tenir aussi compte, dans sa clef de répartition, des multiples efforts déjà réalisés par la Belgique ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois pour l’accueil des demandeurs d’asile.

Et il met en garde contre l’impact qu’aura sur le budget fédéral le déblocage de 280 millions d’euros supplémentaires en 2015 et de 600 millions d’euros supplémentaires en 2016 pour l’accueil accru des demandeurs d’asile. Car il ne s’agit pas seulement de prévoir un toit pour ces réfugiés, mais aussi des soins de santé et une scolarisation pour les enfants.

Intervention militaire en Syrie ?

Pour ce qui est de la sécurité contre d’éventuels actes terroristes, Charles Michel rappelle que des mesures renforcées ont été prises par la Justice et les Affaires étrangères après la fusillade avortée dans un train Thalys. Il souligne que l’Office des étrangers ne peut traiter plus de 250 demandes d’asile par jour justement parce qu’il doit aussi veiller à un contrôle suffisant des candidats à l’asile. Il faut ainsi éviter que des membres du groupe terroriste Etat Islamique, notamment, n’entrent en Belgique en se mêlant aux demandeurs d’asile.

Charles Michel soutient d’autre part le point de vue du président du CD&V, Wouter Beke, qui estime que la Belgique devrait prendre part à une opération militaire en Syrie pour mettre fin à la cause de l’afflux de réfugiés. Michel est d’avis qu’une pareille participation devrait se faire dans le cadre du droit international.

Mais si la Russie et la Chine mettent un veto à une résolution au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, alors une opération pourrait être envisageable par exemple dans le cadre du droit à la légitime défense. Charles Michel ne veut pas donner de détails et souligne qu’il faut que pareille opération se passe en collaboration avec les autres pays européens et d’autres alliés.