Les taxis bruxellois roulent à moitié prix ce dimanche

Entre 8 h et 18 h, ce dimanche les taxis qui circulent à Bruxelles et à Zaventem rouleront à la moitié du tarif ordinaire.Il s’agit d’une action de protestation du secteur contre les services illégaux de taxis.

Ce dimanche 13 septembre, les taxis bruxellois et ceux de Zaventem rouleront à la moitié du tarif ordinaire, ce qui signifie qu'ils ne feront payer que les frais liés aux contributions de sécurité sociale, aux impôts et à l'assurance auto.

Ils veulent ainsi montrer clairement que ces tarifs ne sont pas viables. Le mercredi 16 septembre suivra une manifestation à l'échelle européenne.

Les chauffeurs ont exhorté à plusieurs reprises les autorités fédérales et régionales compétentes à mettre un terme à ces activités illicites, en vain.

Le Front commun a donc décidé, par une première action, d'informer le grand public des risques des services illégaux de taxis et de ce qu’il appelle l'uberisation" de l'économie.

Selon les syndicats, il y a des risques en terme de sécurité : "aucun contrôle sur le passé du chauffeur, aucune certitude sur l’assurance conclue par le chauffeur. Aucun certitude en matière de prix, si les tarifs sont bas aujourd’hui, ils seront peut-être impayables demain".

BELGA/WAEM

C’est aussi un risque pour le modèle social belge

"Si nous permettons l'arrivée d’ entreprises illégales dans le secteur des taxi, d'autres secteurs suivront bientôt, avec des conséquences dévastatrices pour notre système de sécurité sociale et pour le budget, "estime encore le Front commun.

Pas d'augmentation d'usagers constatée ce dimanche

Les courses à moitié prix proposées dimanche par les chauffeurs de taxis bruxellois afin de dénoncer la concurrence qu'ils estiment déloyale de la société de covoiturage urbain Uber, n'ont pas engendré d'augmentation du nombre de clients. L'action a toutefois été appréciée par ces derniers et la participation des chauffeurs a été très satisfaisante, selon Pierre Steenberghen, porte-parole du Groupement national des entreprises de taxis.

"L'objectif de l'action était de sensibiliser le public et le politique aux pratiques illégales et frauduleuses d'Uber. (..) Nous avons demandé à plusieurs reprises aux autorités de mettre un terme à cette situation qui risque de tuer le secteur des taxis.

Aux Pays-Bas, les chauffeurs ont peur de rouler pour Uber car l'inspection fiscale a effectué des contrôles au siège de la société et prélevé des données", a indiqué Pierre Steenberghen, porte-parole du Groupement national des entreprises de taxis.

"Mais en Belgique, le politique ne suit pas. Entre-temps, Uber continue ses activités, et parle même de les étendre à Anvers, Charleroi et Gand. Nos chauffeurs payent leurs impôts et cotisations sociales, mais subissent une concurrence déloyale par un acteur irrégulier contre lequel les autorités n'agissent pas", a-t-il ajouté.

Une manifestation des taxis à laquelle quelque 1.000 chauffeurs devraient participer selon ses organisateurs, se déroulera mercredi dans les rues de Bruxelles.

Les taxis participants, avec des délégations venant de plusieurs villes de France, d'Espagne, du Portugal, d'Allemagne et de Belgique, bloqueront plusieurs carrefours symboliques et demanderont de s'entretenir avec les cabinets du ministre fédéral des Finances Johan Van Overtveldt, du secrétaire d'État à la Lutte contre la fraude sociale Bart Tommelein et la Commission européenne.