Le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale explose

Au cours du premier trimestre de 2015, le nombre de bénéficiaire du revenu minimal en Belgique a augmenté de 10,2% par rapport à la même période l’an dernier. Le ministère chargé de l’Intégration sociale attribue cette montée en flèche, notamment, à une règlementation plus stricte pour les jeunes qui veulent bénéficier d’une allocation d’insertion.

Depuis le début de l'année, 113.695 personnes en moyenne touchent le revenu d'intégration chaque mois, ce qui constitue une hausse de 10,2% par rapport à la moyenne mensuelle de 2014, qui s'élevait alors à 102.654 bénéficiaires. Cette envolée dépasse de loin l'augmentation structurelle annuelle de 2,3 %", précise le ministère de l’Intégration sociale.

La Wallonie présente l'augmentation la plus marquée, avec 13,6%, devant la Flandre (+ 8,0%) puis Bruxelles (+6,6%). Les petites communes sont en moyenne plus touchées (+12,5%) que les 5 grandes villes du pays (+9,3 %).

Le service public Intégration Sociale attribue cette hausse mensuelle "structurelle" à l'amplification du phénomène de pauvreté et à la limitation de l'allocation d'insertion". Comme on l’avait craint précédemment, une partie importante des jeunes confrontés à la perte de leurs allocations d'insertion se tourne en effet vers les centres publics d’aide sociale (CPAS).

Selon des chiffres provisoires de l’Office national de l’emploi (Onem), quelque 21.593 jeunes ont perdu leur allocation d'insertion durant les quatre premiers mois de l'année 2015. Les chiffres suggèrent qu'une grande partie d'entre eux ont fait appel au CPAS. Et cela devrait encore augmenter à l'avenir, analyse le quotidien De Standaard, car depuis septembre, la législation a encore été renforcée.

Isolés et familles monoparentales

Les bénéficiaires du revenu d'intégration sont avant tout des personnes isolées (39,1%). Mais l'augmentation la plus notable est observée chez les personnes ayant charge de famille, soit +16,2%. Dans ce groupe, plus de 8 personnes sur 10 sont en fait des femmes seules avec un ou plusieurs enfant(s) à charge.

"Nous constatons que ce sont surtout les ménages monoparentaux composés de plusieurs jeunes enfants qui ont du mal à joindre les deux bouts. La rentrée scolaire apporte son lot de soucis, mettant de plus en plus d'enfants dans une situation de pauvreté", commente le président du service public Intégration Sociale.

Les jeunes âgés de 18 à 24 ans sont par ailleurs surreprésentés parmi les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale. Ils occupent toujours la première place du tableau, avec une part de 31,9 %, alors que cette tranche d'âge représente seulement 10,7 % de la population belge.

Compter sur les allocations familiales pour les achats scolaires

Quelque 63% des ménages belges avec enfant(s) éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts avec leurs seuls revenus. C’est ce qui ressort d'un sondage mené en juillet par l'association des caisses d'allocations familiales privées (ACAF), auprès de 16.479 parents. Ce taux atteint 74% tant à Bruxelles et qu'en Wallonie.

D'après cette enquête menée dans le cadre de la régionalisation des allocations familiales, celles-ci sont surtout attendues par les ménages au mois de septembre. La moitié des familles belges francophones (51% des Bruxellois et 51% des Wallons) déclarent en effet compter sur les allocations familiales pour les dépenses scolaires, comme l'achat du matériel, le paiement des abonnements de train et de bus, la location d'un kot d’étudiant. En Flandre, quatre familles sur dix utilisent les allocations familiales pour les frais scolaires. Les familles belges estiment dans leur grande majorité (87%) que la prime de rentrée scolaire est trop basse.

De façon surprenante, les Flamands estiment davantage (82%) que les Bruxellois (77%) et que les Wallons (70%) que les allocations familiales représentent "un élément important du budget familial".

Enfin, à en croire toujours les résultats du sondage, plus de huit Belges sur dix (87% des Wallons, 84% des Bruxellois et 77% des Flamands) estiment que les caisses privées actuelles sont les mieux placées pour verser les allocations familiales dans le futur.