Un contrat d’intégration pour les chômeurs de longue durée

La commissaire européenne à l’Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen (CD&V, photo), plaide pour que tout demandeur d’emploi qui est au chômage depuis plus d’un an puisse recevoir une analyse individuelle de ses problèmes et ses possibilités, et conclure un "contrat d’intégration au travail" sur mesure. Le ministre flamand à l’Emploi, Philippe Muyters (N-VA), affirme que sa Région fait même mieux que ce que demande la commissaire européenne.

La commissaire belge Marianne Thyssen a présenté ce jeudi à la presse son plan d'action pour les personnes qui ont quitté le marché de l'emploi depuis plus d'un an. Il vise quelque 12 millions d'Européens, dont 60% n'ont pas d'emploi depuis plus de deux ans.

"Le chômage de longue durée amène une partie sans cesse plus grande de la population à se rapprocher du risque de pauvreté et d'exclusion sociale", observe la commissaire démocrate-chrétienne. En Belgique, 4,3% de la population active est sans emploi depuis plus d'un an et 2,6% depuis plus de 24 mois.

Marianne Thyssen propose aux Etats membres de l’Union européenne un paquet de mesures qui permettent d'accompagner ces personnes sur le chemin de l'emploi. Dans un premier temps, l'ensemble des chômeurs de longue durée seraient invités à s'enregistrer auprès d'un service de médiation au travail, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui dans tous les Etats-membres.

Après dix-huit mois sans emploi au maximum, chaque chômeur devrait recevoir une analyse individuelle de ses problèmes et ses difficultés. Dans le même temps, il devrait pouvoir conclure un contrat d'intégration à l'emploi. Marianne Thyssen n'imposera pas la mesure. Il revient aux Etats membres de trouver un accord en vue de la mettre en œuvre.

En Belgique, la remise à l'emploi est une compétence des Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale.

Muyters: "La Flandre fait déjà mieux"

Le ministre flamand à l’Emploi, Philippe Muyters (N-VA, photo), affirme que la Flandre fait déjà davantage que ne le réclame la commissaire européenne à l’Emploi, Marianne Thyssen. Mieux encore : l’approche flamande passant par l’Office flamand pour l’emploi (VDAB) serait même étudiée ou copiée comme modèle dans d’autres pays de l’Union.

Au cabinet de Philippe Muyters on précise : "Nous enregistrons déjà de longue date via le VDAB. Et nous offrons du travail sur mesure depuis longtemps. Les jeunes reçoivent ainsi une proposition sur mesure endéans les 4 mois. C’est déjà le cas pour 97% des jeunes chômeurs, et le but est d’arriver à 100%. Pour les autres, le but est de leur présenter une proposition sur mesure endéans un an, mais nous parvenons déjà à le faire après 9 mois en moyenne".

Pour ce qui est de l’accompagnement de chômeurs de longue durée, la Flandre propose aussi des places d’expérience professionnelle, souligne le cabinet Muyters. Le ministre estime que le VDAB applique une bonne stratégie. Mieux encore : son exemple est suivi dans d’autres pays de l’Union. "Avec Malte, nous avons une collaboration concrète, un accord de principe avec le Forem - le service wallon de l’emploi et la formation - et son pendant bruxellois Actiris, et avec la Suède des négociations déjà avancées. D’autre part, la Norvège, la Finlande, l’Autriche, la France et l’Islande sont également intéressées".