"Le résultat du scrutin en Grèce est décevant"

Le ministre fédéral des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), s’est dit déçu du résultat des élections législatives anticipées en Grèce, qui ont vu dimanche la victoire d’Alexis Tsipras, Premier ministre sortant. Van Overtveldt (photo principale) souligne que la politique grecque a tourné au ralenti depuis la démission de Tsipras et estime que ces élections ont été inutiles. "Elles ont plutôt fait reculer qu’avancer la stabilité du gouvernement grec".

Après son éclatante victoire de dimanche, Alexis Tsipras, débarrassé de la frange la plus anti-austérité de Syriza, s'apprête à reconduire un gouvernement de coalition avec la droite souverainiste, afin de mettre en œuvre les difficiles réformes économiques attendues par les créanciers du pays.

En remportant ses deuxièmes législatives en huit mois de temps avec 35,46% des voix, selon les résultats quasi-définitifs, Tsipras confirme l'enracinement de son parti de gauche radicale Syriza sur l'échiquier politique grec et européen. Toutefois, comme en janvier, quand Syriza avait accédé pour la première fois au pouvoir avec 36,34% des voix, le parti n'a pas la majorité absolue.

Avec 145 députés élus, Alexis Tsipras (41 ans, photo) a annoncé dès dimanche qu'il allait de nouveau s'allier avec son ancien partenaire, le parti des Grecs Indépendants (Anel), fort de 10 élus, qui lui permettront de s'assurer une majorité absolue de 155 députés sur 300.

"Il semble que la majorité actuelle va pouvoir rester en place, mais cette majorité est moins large. La dernière fois, Tsipras disposait encore d'une avance de 12 sièges, il ne lui en reste désormais plus que cinq. Dans cette optique, le pari de Tsipras est un peu perdu", a réagi ce lundi le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, lors de l'émission radio de la VRT "De Ochtend".

Le ministre N-VA n'a jamais caché qu'il aurait préféré une victoire du parti Nea Dimokratia en vue de l'application du programme européen d'aide à la Grèce. "Je suis un homme déçu", a déclaré Van Overtveldt. "Surtout parce que nous avons perdu deux mois. Nous nous retrouvons face à un timing serré pour accomplir ce qui a été conclu." Et le ministre d’ajouter : « Il est temps que les citoyens et leur prospérité soit remis au centre des efforts, et que le programme de redressement économique soit mené à bien ».

A la question de savoir si le résultat du scrutin n'est pas un signal envoyé contre le programme européen, le ministre indique "en prendre acte mais cela ne changera rien aux accords qui ont été conclus". "Ce résultat, aucun résultat électoral, ne mènera à une renégociation du programme", a insisté Johan Van Overtveldt.