Plan UE de relocalisation : 4.450 migrants pour la Belgique

Les ministres européens de l’Intérieur ont approuvé mardi soir à Bruxelles le plan de relocalisation de 120.000 réfugiés et migrants, au cours d’un rare vote à la majorité qualifiée révélant les divisions entre anciens Etats membres et de plus nouveaux membres est-européens. La décision s’appliquera néanmoins en principe aux 28 pays. Pour la Belgique, cela représente l’accueil de 4.450 demandeurs d’asile supplémentaires.

"La décision sur la relocalisation de 120.000 personnes a été adoptée par une très large majorité" d'Etats membres, "au-delà de celle qui est prévue dans les traités", faute de consensus, a annoncé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères - qui a aussi l'Asile et la Migration dans ses compétences -, Jean Asselborn (photo), au cours d'une conférence de presse.

Quatre pays d'Europe de l'est (Roumanie, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) se sont opposés à la proposition de compromis à propos de la répartition de 120.000 réfugiés arrivés en Grèce 50.400), Italie (15.600) et Hongrie (54.000), lors de ce vote à la majorité qualifiée entre ministres européens de l'Intérieur, face à une crise migratoire sans précédent. La Finlande s'est pour sa part abstenue, a précisé une source belge.

"Nous avons eu un vote, conforme au traité" qui régit le fonctionnement de l'Union européenne, a ajouté Asselborn au nom de la présidence tournante de l'Union européenne, expliquant que les chiffres du nombre de personnes à accueillir par pays "sur une base volontaire" avaient été "légèrement adaptés" par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne sans qu'il ne soit plus question de "quotas".

Car la décision de mardi s'appliquera à tous les Etats-membres, y compris la Hongrie, qui était très réticente, a souligné le chef de la diplomatie grand-ducale. "Chaque pays doit accepter le nombre (de demandeurs d'asile) qui lui a été attribué ». Aucun Etat n'a le droit de refuser, en raison de l'"urgence" et la "solidarité", non seulement entre pays européens, mais envers les personnes en situation de détresse.

Jean Asselborn a assuré que cet instrument permettant de relocaliser 120.000 réfugiés "pourra maintenant être très rapidement mis en œuvre" avec l'aide de la Commission européenne, notamment pour l'installation de "hotspots" - les premiers centres d'enregistrement des migrants arrivant aux frontières extérieures de l'UE - en Italie et en Grèce.

Quelque 31.000 réfugiés seront accueillis en Allemagne, a indiqué le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière. Pour la Belgique, le nombre devrait être de 4.450 personnes, alors que la proposition initiale de la Commission portait sur 4.564, après que la répartition se soit finalement imposée à tous les Etats membres. L’accueil se fera en deux phases. Les réfugiés originaires de Syrie, d’Erythrée et d’Irak seront prioritaires.

La Belgique épinglée pour non respect du droit d'asile

La Commission européenne a épinglé ce mercredi 19 Etats membres de l'Union européenne, dont la Belgique, pour non respect du droit d'asile. "Il est grand temps que les Etats membres fassent ce qu'il est nécessaire de faire", a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans (photo), avant un sommet extraordinaire des dirigeants européens à Bruxelles sur la crise migratoire.

"En Europe, tout le monde doit respecter les standards communément admis sur la manière d'accueillir les demandeurs d'asile", a intimé le commissaire européen responsable des migrations, le Grec Dimitris Avramopoulos.

La Commission a lancé au total 40 procédures contre 19 Etats membres qui n'ont pas informé la Commission de la façon dont ils ont transposé le droit d'asile européen dans leur législation nationale. Contre la Belgique deux procédures distinctes ont été lancées mercredi.

L'exécutif européen veut notamment savoir si la directive sur les procédures d'asile et celle sur l'accueil des réfugiés ont bien été transposées en Belgique. L'échéance européenne pour cette transposition en droit national était fixée au 20 juillet dernier. Le gouvernement belge dispose de deux mois pour répondre aux questions de la Commission.

Outre la Belgique, 18 pays sont épinglés, parmi lesquels la France et l'Allemagne, mais aussi la Grèce, l'Italie et la Hongrie, situées tous trois à des frontières stratégiques de l'UE et par conséquent aux points d'arrivée du flux de migrants.