Michel lance un appel pour les droits des homosexuels

A la tribune des Nations Unies à New York, le Premier ministre belge Charles Michel (photo principale) a plaidé ce dimanche en faveur d’un renforcement de la lutte contre les discriminations - notamment celles fondées sur la race, le sexe ou l’orientation sexuelle - mais aussi promis que la Belgique affecterait la moitié de son aide publique au développement (APD) aux pays les moins avancés. Cette inflexion avait déjà été décidée par le gouvernement fédéral quand il a resserré la liste des pays partenaires de la coopération bilatérale, la faisant passer de 18 à 14 pays.

"La Belgique s'engage - à travers son aide au développement - à soutenir d'autres pays dans la réalisation de ce nouvel agenda », à savoir les Objectifs de développement durables (ou ODD), approuvés ce week-end par les dirigeants du monde entier et qui portent jusqu'en 2030, a déclaré le Premier ministre belge au dernier jour d'un sommet organisé au siège new-yorkais de l'ONU.

"Une attention accrue sera portée aux pays les moins avancés. Nous avons fait le choix de réserver 50% de notre aide au développement pour ces pays. Lors du sommet d'Addis Abeba sur le financement pour le développement (en juillet, ndlr), nous avons plaidé pour que la moitié de l'aide au développement soit consacrée aux pays les moins avancés et les plus fragiles", a ajouté Charles Michel.

Pour rappel, son gouvernement a décidé en mai de réduire de 18 à 14 le nombre de pays bénéficiaires de l'aide de la coopération belge au développement. Cette aide se concentrera dorénavant quasi exclusivement sur l'Afrique (à l'exception de la Palestine), et mettra plus particulièrement l'accent sur les pays les moins développés qui, selon un récent rapport de l'OCDE, ont vu leur aide publique au développement reculer l'an dernier.

Charles Michel a aussi plaidé pour la mobilisation d'un "large éventail de ressources" pour favoriser le développement, tout en rappelant que les efforts de développement seront toujours réduits à rien sans paix et sans sécurité. "Il faut en effet garantir la mobilisation de ressources domestiques ainsi que leur utilisation efficace. Elles doivent être investies dans l'éducation, les socles de protection sociale et les systèmes de soins de santé pour tous", a souligné le chef du gouvernement fédéral.

Le secteur privé aussi concerné

Selon le libéral Charles Michel, le développement durable n'est pas seulement l'affaire des autorités et des gouvernements, mais aussi du secteur privé. "Le secteur privé y est un acteur clé que nous devons continuer à sensibiliser et mobiliser. La transparence, la lutte contre la corruption et l'Etat de droit sont des enjeux clés. Le secteur privé est un vecteur de croissance économique qui est le moteur du développement. Les échanges commerciaux, les transferts de technologies et le développement des compétences sont autant de catalyseurs de croissance économique. Les initiatives publiques et privées doivent se renforcer mutuellement", a déclaré Michel.

Selon le Premier ministre, l'inclusion sociale, le travail décent et la protection sociale sont indispensables pour une croissance durable. La lutte contre les inégalités fait partie intégrante de notre aspiration à une "dignité pour chacun".

Michel a également rejoint son ministre de la Coopération au développement et à l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open VLD), en défendant la numérisation comme "potentiel de développement". "Mon pays s'engage à ériger une composante digitale dans ses activités de coopération au développement. Le droit d'accès à l'internet s'inscrit parfaitement dans l'Agenda 2030".

Plus d’attention pour les droits des homosexuels

Le Premier ministre (photo) a par ailleurs lancé un appel au monde en faveur d'un renforcement de la lutte contre les discriminations, qu'elles soient fondées sur la race, le sexe ou l'orientation sexuelle, sur laquelle il a particulièrement insisté. "La lutte contre les inégalités fait partie intégrante de notre aspiration à une 'dignité pour chacun'. Cette lutte passe aussi par la non-discrimination qui ne souffre aucune exception. Je veux ici particulièrement condamner le racisme quelle qu'en soit sa forme. Mais je veux aussi souligner les nombreuses discriminations, chaque jour, fondées sur le sexe ou l'orientation sexuelle".

"Et je lance un appel au respect des droits des homosexuels. En aucun cas, nulle part dans le monde, l'homosexualité ne peut être considérée comme un crime. Nous serons des avocats tenaces pour cette cause", a ajouté le Premier ministre, marchant dans les traces de son prédécesseur, le socialiste Elio Di Rupo, qui avait tenu en 2012 à l'ONU un discours semblable.

"Les droits de la femme et l'égalité avec les hommes ne doivent pas seulement être garantis. Ils doivent être réalisés. L'accès à l'éducation des filles doit mettre un terme au gaspillage inouï des ressources humaines. L'accès à la santé reproductive, la garantie de leurs droits sexuels, l'accès au planning familial ou à la contraception sont des sujets que je refuse de ne pas évoquer parce qu'ils dérangeraient quelques-uns", a dit Charles Michel devant cette assemblée de dirigeants mondiaux, aux convictions souvent très différentes sur ces matières.