Les contrôles aux frontières pas encore assez efficaces?

Des actions policières ciblées contre les trafiquants d’êtres humains ont débuté en Belgique, mais au ralenti. Seuls 8 agents ont été déployés aux 200 kilomètres de frontières avec l’Allemagne et les Pays-Bas et seulement pendant les heures de bureau, se plaint le syndicat de la police Sypol. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon affirme que ce n’est qu’un début.

Le 20 septembre dernier, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) annonçait "des actions ciblées de police" dans les zones de frontières avec l’Allemagne et les Pays-Bas, pour contrecarrer les trafiquants d’êtres humains mais aussi pour mieux organiser l’enregistrement de l’ensemble des réfugiés qui sont arrivés sur le territoire belge. Deux jours plus tard, ces actions débutaient.

Mais près de deux semaines plus tard, les contrôles aux frontières ne sont pas encore vraiment efficaces, se plaint le syndicat de la police Sypol dans un article paru ce vendredi dans le quotidien Het Nieuwsblad. Seuls huit policiers seraient ainsi actifs pour couvrir 200 kilomètres de frontière, et seulement de 8h45 à 11h15 et de 13h à 15h30. Les contrôles n'ont pas lieu la nuit ni le week-end.

Les agents contrôlent alternativement les passages aux frontières sur les autoroutes E314 et E25 (vers les Pays-Bas), ainsi que E40 et E42 (avec l’Allemagne).

Contrôles cosmétiques ?

"Cette action est un emplâtre sur une jambe de bois et ne sert à rien", estime Ruddy Callewaert, du syndicat policier Sypol. "Je savais qu’il y a des surhommes à la police, mais pas à ce point-là".

Selon Callewaert, ces mesures donnent à la population un faux sentiment de sécurité. "Pendant que la police contrôle une autoroute, les trafiquants d’êtres humains entrent dans le pays par une autre autoroute".

"Des ajustements, si nécessaire"

La direction de la police fédérale et le ministère de l'Intérieur de Jan Jambon (N-VA, photo) appellent à la patience. "Ce n'est que le début", souligne son porte-parole Olivier Van Raemdonck. "Nous évaluerons les contrôles la semaine prochaine et les ajusterons si nécessaire."

"De plus, il n'y a pas que la frontière Est qui est contrôlée. Il y a aussi des contrôles dans les gares, les aéroports et sur les principaux parkings d'autoroutes du pays." Une tâche effectuée par 30 à 60 agents supplémentaires, précise le ministère. Car c’est bien de lutte contre les trafiquants d’êtres humains qu’il s’agit. Le ministère veut cependant aussi profiter de ces contrôles pour veiller à ce que tous les demandeurs d’asile qui sont arrivés en Belgique se fassent enregistrer.

"En plus des 30 à 60 agents chargés de la recherche de réfugiés", tous les agents de police belges ont reçu l’ordre de se charger prioritairement des contrôles liés à la problématique des réfugiés, conclut le porte-parole Peter Dewaele.