A Bruxelles, Erdogan s’en prend aux "amis" du PKK

Le président turc Recep Tayyip Erdogen (photo à g.), en visite d’Etat en Belgique pour l’inauguration du festival Europalia Turquie ce mardi, a rencontré les autorités belges et notamment le Premier ministre Charles Michel (photo à dr.). Il espère que la Belgique continuera à soutenir le processus d’adhésion de son pays à l’Union européenne. Mais Erdogan s’en est aussi pris aux "gens qui considèrent comme des amis" le PKK et le PYD, les partis kurdes considérés comme terroristes par Ankara mais qui bénéficient en Europe de certaines sympathies.
Nicolas Maeterlinck

Après avoir été reçu lundi par le roi Philippe, ainsi que par le président du Parlement européen Martin Schulz, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président turc Recep Tayyip Erdogan a poursuivi ce mardi sa visite en Belgique par une rencontre avec les autorités belges.

Il s’est notamment entretenu pendant plus d’une heure, à Val Duchesse, avec le Premier ministre Charles Michel (MR, photo). A l’issue de leur entretien, Erdogan a remercié les autorités fédérales pour leur accueil, rappelant qu’il effectue la première visite d’Etat turque dans l’histoire de la Belgique. Charles Michel a, quant à lui, souligné que des liens anciens unissent les deux pays et l’importante communauté turque en Belgique.

Les relations belgo-turques ont cependant été peu abordées pendant la conférence de presse du président turc. Il espère pourtant que les échanges mutuels et les relations bilatérales vont croître ces prochaines années.

Adhésion à l’Union européenne

La procédure d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne a également été abordée. "La Belgique nous a toujours soutenus lors de l’ouverture de nouveaux chapitres dans les négociations, et j’espère qu’elle continuera à le faire", déclarait Erdogan. Il estime que les discussions peuvent notamment être lancées dans le domaine de l’énergie.

Les échanges avec la presse ont alors porté sur l’actualité internationale. Le président Erdogan a rappelé les efforts importants réalisés par la Turquie pour accueillir plus de 2 millions de réfugiés de Syrie et d’Irak, tout en estimant que son pays ne reçoit encore qu’un soutien limité dans ce domaine de la part de l’Union européenne et du reste du monde. "Ce n’est qu’après la mort du petit Aylan que le monde a commencé à s’intéresser un peu à la problématique des réfugiés", déclarait Erdogan.

Hasard de calendrier, le Parquet fédéral belge a annoncé lundi vouloir poursuivre 36 représentants du PKK, notamment pour appartenance à un groupe terroriste. "Il faut combattre toutes les formes de terrorisme", déclarait le président Erdogan, plaçant dans le même camp les communistes du DHKPC, Daesh et certaines organisations qui combattent l'Etat islamique (EI) telles que Al-Nosra mais également le PKK et le PYD. Al-Nosra combat Daesh, est-ce que pour autant il faut considérer Al-Nosra comme un allié? "Non", s'est empressé de dire le président turc, tenant le même raisonnement pour le PKK et le PYD.

Recep Erdogan a toutefois tenu à faire la différence entre le peuple kurde de Turquie et les partis kurdes qu'il a cités. "Il faut faire la distinction entre le PKK ou le PYD et mes citoyens kurdes au service desquels la république s'est positionnée comme jamais auparavant", a dit le leader du parti islamo-conservateur AKP, une formation en perte de vitesse alors qu'un nouveau scrutin législatif est programmé d'ici quelques semaines.