Le gouvernement va économiser 408 millions sur les soins de santé

Le gouvernement fédéral s'est accordé sur le budget des soins de santé pour l'année 2016, a indiqué jeudi la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block (Open VLD), trois jours après le rejet de sa proposition par le conseil général de l'INAMI.

Rien que pour 2016, l'assainissement en soins de santé atteint 408,3 millions d'euros dont 80 millions sur la non indexation des honoraires. Mais insiste, Maggie De Block, cette situation n'empêche pas l'engagement de nouvelles initiatives à hauteur de 164,3 millions d'euros. Elle permettra également, assure-telle, une baisse de la facture du patient de l'ordre de 18 millions d'euros. Le budget 2016 atteindra 23,617 milliards d'euros.

Parmi les initiatives nouvelles, 4 millions bénéficieront au remboursement de prestations concernant l'"oncofreezing", c'est-à-dire une forte congélation (cryogénisation) de spermatozoïdes, d'ovules et de tissus ovariens de jeunes patients atteints du cancer. Après leur guérison, ces patients peuvent encore fonder une famille avec leur propre matériel génétique.

En soins de santé mentale, 4,68 millions d'euros sont débloqués en vue de permettre aux hôpitaux psychiatriques spécialisés de recruter du personnel supplémentaire pour mieux prendre en charge et accompagner les patients avec un "double diagnostic" de handicap mental et de problématique psychique.

Une collaboration sera organisée avec les entités fédérées pour la réalisation sur le terrain.

Une "meilleure organisation" du financement des banques de cellules souches permettra de dégager un budget de 2,71 millions d'euros. Ce budget sera consacré à l'amélioration du remboursement de certaines prestations en matière de transplantation de cellules souches.

1,17 million d'euros a été prévu pour un bon encadrement multidisciplinaire des soins et de l'accompagnement des personnes en cas de "dysphorie de genre" (transgenres).

Refinancement de l'aide médicale urgente

Les départements ICT des hôpitaux recevront une injection de 40,2 millions d'euros pour harmoniser leurs programmes informatiques afin de permettre un échange rapide d'informations relatives au patient. Cet investissement s'inscrit dans le cadre du Plan d'action eSanté.

Un des grands chantiers de cette législature est la réforme de l'aide médicale urgente (AMU). Dans ce cadre, la ministre De Block consacre 12 millions d'euros pour augmenter substantiellement les allocations de permanence pour les services d'ambulance auxquels il est fait appel dans le cadre de l'aide médicale urgente (100 - 112).

Par ailleurs, cet automne, les médecins et les mutualités négocieront un nouvel accord "Médicomut" pour les prochaines années, en vue, notamment, de garantir la sécurité tarifaire.

La ministre réserve une enveloppe de 25 millions d'euros pour soutenir la conclusion d'un accord de deux ans. Ce qui permettra de conclure des mesures qui accordent notamment de l'importance à l'accessibilité financière des soins ou encore à des techniques de traitement nouvelles et innovantes.

Les professions paramédicales bénéficieront d'une enveloppe de 10 millions d'euros pour subvenir à leurs besoins les plus urgents.

Revalorisation du statut des infirmières ?

En 2016, Maggie De Block adoptera conjointement avec les partenaires sociaux une nouvelle approche pour une "rémunération équitable" des infirmières et du personnel soignant.

Aujourd'hui, les infirmières ayant suivi la même formation reçoivent parfois un salaire différent parce qu'elles travaillent dans un autre service hospitalier. "Le nouveau système fait disparaître les primes, mais personne ne régresse financièrement", assure Maggie De Block, "car grâce aux analyses de l'Institut de classification de fonctions (ICF), nous corrigerons et harmoniserons les échelles salariales de manière à développer une politique salariale correcte pour le personnel de soins".

Au rayon assainissement, la ministre rappelle le pacte d'avenir conclu avec les autorités et le secteur pharmaceutique au profit du patient.

Il est censé générer plus de 60 millions d'euros d'économies pour les pouvoirs publics en 2016.

Le pacte prévoit notamment le 'patent-cliff': les médicaments dont le brevet a expiré deviennent automatiquement bien meilleur marché. Auparavant, la baisse de prix était lente et avait lieu en plusieurs fois.


Les assainissements en 2016 ont lieu par ailleurs en éliminant les "sous-utilisations" et en "affinant" ou en "corrigeant" un certain nombre de dépenses.

La somme prévue pour rembourser les soins médicaux que reçoivent les Belges à l'étranger, par exemple, a été surestimée.

En 2016, le département économise également 82,4 millions d'euros par la "non-indexation" des honoraires.

Ce qui représente un effort de 0,62% sur la masse des honoraires, alors qu'un effort de 0,53% d'indexation d'honoraires a été consenti en 2015. Les salariés ont fourni un effort de 2% en 2015 suite au saut d'index, rappelle Mme De Block.