Un quart des Belges ne peuvent s’offrir de courtes vacances

D’après une enquête sur les revenus et conditions de vie menée à l’échelle européenne, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la pauvreté, près de 6% de la population belge seraient confrontés à une privation matérielle grave. Les ménages éprouvent surtout des difficultés face à des dépenses imprévues (1.000 euros) et des séjours de vacances.

Considérée comme une composante de la pauvreté, la privation matérielle ne recouvre pas tant la pauvreté financière, mais plutôt ses conséquences, à savoir l'incapacité à s'offrir certaines choses.

L'enquête réalisée par le service public fédéral Economie s'appuie sur neuf composantes: l'existence d'arriérés de paiements, l'incapacité à s'offrir chaque année une semaine de vacances, l'incapacité à manger de la viande, du poulet ou du poisson tous les deux jours, l'incapacité à faire face à une dépense imprévue, l'incapacité à posséder un téléphone, l'incapacité à posséder une télévision couleurs, l'incapacité à posséder un lave-linge, l'incapacité à posséder une voiture personnelle et l'incapacité à chauffer convenablement son domicile.

Une personne se trouve en situation de privation matérielle grave lorsqu'au moins quatre des neuf composantes de l'enquête s'appliquent. Or 5,9% sont dans ce cas en Belgique.

Si l'achat d'une télévision ou d'un téléphone ne pose plus aucun problème à l'heure actuelle, les dépenses imprévues restent un obstacle majeur pour 24% de la population en Belgique. Plus d'un quart de la population (26,6%) ne peut également pas s'offrir une semaine de vacances par an pour des raisons financières. En outre, 7,6% de la population rencontre des difficultés à régler quelques frais mensuels comme le loyer et les factures de consommation.

Les enfants particulièrement touchés

Il ressort également de l'enquête qu'un enfant de moins de 16 ans sur cinq ne peut partir en vacances chaque année. En outre, 11,1% d'entre eux ne disposent pas d'un endroit approprié au domicile pour étudier ou faire les devoirs et 9% ne peuvent se permettre des activités de loisirs. "Les enfants sont également touchés par la privation matérielle, ce qui les empêche sans doute de pouvoir se développer de manière optimale ou de pouvoir participer pleinement à des activités propres à leur âge", analysent les auteurs.

En Belgique, l'enquête sur les revenus et les conditions de vie a été effectuée en 2014 par la Direction générale Statistique auprès de 6.021 ménages belges.

A l'échelle européenne (UE28), 8,9% de la population connaît une situation de privation matérielle grave. Tous les pays limitrophes à la Belgique font mieux que notre pays: l'Allemagne affiche un taux de 5%, pour 4,8% en France, 3,2% aux Pays-Bas et 1,8% (2013) au Luxembourg.